J’ai rencontré Florent Oiseau lors de l’édition 2024 de Livres dans la boucle et j’ai tout de suite été séduit par sa verve, sa gouaille et son humour mordant. Un attrait confirmé par la lecture de Tout ce qui manque quelques jours plus tard. Aussi, c’est avec envie que j’accueille Ma gloire, le nouveau roman de l’auteur parisien qui vient de paraître aux Éditions Gallimard, sa nouvelle écurie.
Tout d’abord, si vous êtes ici parce que vous êtes fan de Magloire, l’animateur-télé, vous vous êtes trompés d’itinéraire ; il fallait prendre à droite après le cimetière de Charonne, pas à gauche – merci d’être passé et à bientôt. En revanche, si vous avez passé une tête parce que vous aimez la littérature qui fait la part belle aux antihéros paumés et attachants, vous pouvez vous asseoir, vous êtes au bon endroit.
Car Florent Oiseau n’a pas son pareil pour conter des histoires fantasques où le personnage principal peut sans hésitation être qualifié de looser. Le narrateur de Ma gloire est de cet acabit : alcoolique et fraîchement licencié, il passe ses journées à déambuler dans les rues de Paris et ses soirées à boire dans les bars. Mais quand sa fille de dix ans lui demande pourquoi il se suicide, il va tenter, non sans difficulté, de se reprendre en main.
Et le résultat se déguste comme une bière blanche bien fraîche un jour de canicule, avec délectation et l’envie de goûter la petite sœur sans attendre ! Des réflexions sur la vie très intéressantes, beaucoup d’humour, d’ironie et de désenchantement, un style bien à lui qui fait mouche, Florent Oiseau, s’il n’est pas l’auteur français le plus connu, n’est pas le moins talentueux pour autant.