- Édition lue : publiée en janvier 2016 aux éditions Folio. Traduction d'Yves Bonnefoy. EAN : 9782070468492. La note n'inclut pas la préface, relativement intéressante.
Résumé
Une pièce intéressante et bien ficelée pour évoquer l'engrenage du vice et la fatalité.
Détails
Macbeth s'intéresse à l'histoire d'un homme avide de pouvoir et à son interprétation de prophéties faites par des sorcières en introduction. La grande réussite de la pièce et de jouer avec ces figures maléfiques à la fois comme objet de ce qui n'est pas encore appelé du fantastique, et à la fois comme métaphore des démons internes à Macbeth.
Ce sera à chacun·e d'y voir plus ou moins de réalité et de déceler ce qui relève de l'imagination du protagoniste ou non. Mais peu importe la lecture qui en est faite, Macbeth construit avec réussite un engrenage du vice que Macbeth attribuera à la prophétique langue des sorcières. Mais il est assez clair que cette acrobatie intellectuelle n'est qu'une mauvaise parade pour ne pas voir ce qui anime bien celui-ci, à savoir son avidité de pouvoir et sa crainte de ne pas avoir de successeur une fois en position de roi.
Et c'est aussi dans cette description d'un Macbeth craintif à plus d'un titre que Shakespeare excelle, tant il réussit, notamment avec le personnage d'une Lady Macbeth complice, a faire de la prophétie des sorcières le catalyseur d'un comportement qui n'était inhibé que par la crainte et non par la vertu. La préface soulignant par ailleurs la place importante de l'absence d'enfants dans la douleur du couple Macbeth.
Des thématiques qui demeurent donc un peu restreintes d'un point de vue politique mais qui sont traitées, dans l'ensemble, avec pertinence.
7.5/10.