Ahmet Altman a écrit la quasi totalité de ce roman en prison après avoir été injustement incarcéré après le coup d'Etat de 2016. On ne peut être insensible aux thèmes abordés parmi lesquels l'amour passion, la liberté de conscience, l'indépendance d'esprit et de jugement auxquels s'ajoute bien sûr la passion pour la littérature.
Fazil, le narrateur, jeune étudiant en lettres désargenté, qui a trouvé à se loger dans une modeste pension, tombe par hasard sous le charme d'une femme voluptueuse, Madame Hayat, bien plus âgée que lui. Mais peu de temps après il fera la connaissance d'une jeune étudiante, Sila, dont il tombera amoureux. Les moments passés avec la mystérieuse madame Hayat sont des partages d'une vibrante sensualité. A travers conversations et disputes, Fazil apprendra progressivement à mieux se connaître. Sila est culturellement plus proche de lui mais peut-être plus lointaine et indépendante d'esprit. Réussira-t-il à partir avec elle pour s'installer au Canada ?
D'autres personnages en arrière plan sont là pour nous faire saisir l'atmosphère trouble et menaçante de la Turquie au cours de la dernière décennie, et probablement encore maintenant.
J'ai trouvé les pages consacrées au vécu quotidien de Fazil d'une écriture un peu terne. S'agissant des évocations de ses professeurs à l'université, le ton devient alors un peu sentencieux. En bref, le roman ne m'a pas paru inintéressant mais un peu inégal, de sorte que je ne partage pas l'enthousiasme du grand nombre des critiques qui l'ont encensé.