L’auteur est turc, et a passé 5 ans en prison, d’où son « Je ne reverrai plus ce monde » court livre de souvenirs de ses années, qui ne manque pas d’humour.
Mme Hayat est une femme qui ne s’intéresse pas aux romans contrairement au jeune étudiant, le narrateur, qui tombe amoureux d’elle. Elle en a trop vu, trop compris (portrait en creux car le contexte politique dans lequel les personnages évoluent est dangereux).
J’ai aimé cette femme sensuelle et espiègle, qui initie ce jeune homme fragile (il vient de perdre son père, et devient pauvre brutalement) à l’amour en créant des moments, des bulles de bonheur. Ils ont des conversations pleines d’humour, vu leur décalage d’âge et de centres d’intérêt. Elle reste mystérieuse et solitaire. Il se pose des questions … Il habite dans un immeuble avec d’autres personnes qui survivent ou meurent. Etudiant en littérature, un professeur interpelle ses élèves sur ce qu’est la liberté. La part des clichés (ce que nous avons en commun) et la part du hasard dans nos vies… Emigrer ou rester (comme son amie étudiante qui choisit de partir au Canada pour fuir la Turquie), ce jeune homme se pose la question douloureuse. Un roman initiatique dans une prose fluide.