Livre très prenant, qui se lit d'une traite, j'ai dû mettre deux à trois jours.
L'auteur (Courrier International et enquête en Amérique Latine) nous emporte dans un scandale des plus sordides, à savoir celui de bébés volés pendant l'ère du Caudillo. On n'est pas si loin de l'Espagne franquiste, qui fait remuer les plaies encore mal cicatrisées d'une Espagne qui aimerait oublier son passé ténébreux.
Le scandale est tellement gros qu'on peut supposer au départ qu'il est faux ! Et bien non, il est vrai. À ce jour, on parle de 30k bébés volés, à des fins idéologiques et pécuniaires (https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_enfants_vol%C3%A9s_du_franquisme, https://fr.wikipedia.org/wiki/ANADIR)
Le titre du roman résume assez bien le sujet. Il signifie deux choses. D'abord, mauvaise vie, pour ceux qui ont été volés, lorsqu'ils étaient bébés, et, vie difficile pour les parents dont les bébés ont été volés.
Les personnages sont forts et attachants, que ce soit le journaliste Diego Martin, l'avocate et la détective. Ce trio (et le juge aussi, donc quatuor) nous entraîne dans une course contre-la-montre, au nom, de la liberté et du non-oubli, par différents moyens propres à eux. À chacun sa manière de faire résonner la vérité.
Si on ajoute à cela, une dimension amoureuse sur fond de violence, le roman emporte son lecteur loin et l'attache. Qui vaincra ? La violence ? L'amour ? Le pardon ? L'oubli ?
J'aurais bien espéré une suite sur un autre scandale, ou le même, d'un autre point de vue.