Le sujet du bouquin et la réflexion menée sont intéressants mais je reste partagé car plusieurs points me chagrinent. Premièrement, le style est trop pompeux (cf. extrait ci-dessous) et je ne peux m'empêcher de penser que cette emphase lourdaude, brouillonne, bancale, est faite pour masquer le manque de volonté (l'impuissance ?) de l'auteur d'aller dans le fond du sujet. Ce qui m'amène au deuxième point : l'auteur théorise et reste très abstrait sans vraiment donner d'exemples concrets. Par exemple : en quoi consistent concrètement ces fameux outils RH maintes fois cités qui ont pour but de dévaloriser l'être humain dans le but de le soumettre aux besoins de l'entreprise-système ? Que sont concrètement les évaluations "rating" et "360 degrés" ? Quelles sont les questions posées ? Où est l'analyse détaillée de ces questions et de l'impact sur le salarié ? Comment sont exploités ces tests par l'entreprise ? L'auteur pousse le vice, page 131, de balayer tout ça d'un revers de main : "Le spectre étant presque infini inutile de nous y attarder...". Cette suffisance est inacceptable car il s'agit du cœur du sujet. Je pense qu'en réalité l'auteur n'était pas suffisamment renseigné. Ce qui m'amène au troisième point : les sources. Tout au long du livre, les soi-disant sources jettent un voile de non-crédibilité sur les propos de l'auteur. En effet, sous couvert d'anonymat, le texte est ponctué de citations avec pour unique référence : "entretien avec l'auteur, février 2011" ou de locutions du type : "un consultant international m'a dit un jour...", "un manager d'une grande société que j'ai rencontré...", "mon infiltré dans un cabinet de recrutement m'a fait le rapport suivant...", etc. Tiens d'ailleurs pourquoi ne cite-t-il pas son soi-disant infiltré ? Si c'était une mission d'infiltration, celui-là n'a rien à perdre. Bref, tout ça sent le gros bidonnage. Et je passe sur le fait que l'auteur fait de nombreuses fois référence à ses propres travaux antérieurs...
(...) De sorte qu'en utilisant le prédicat du postmodernisme, c'est une esquisse par métaphore architecturale de la mutation profonde de notre société parvenue à l'autre bout de sa modernité que l'on propose, d'une société en route vers son après, sa "post" modernité.