Réussir un feel-good bien mené en partant de la thématique du harcèlement ne parait pas tâche aisée, pourtant Maryvonne Rippert relève le défi avec la finesse et l’élégance qu’on lui connaît (Alabama Blues).
Elle réussit à raconter son histoire du point de vu du harceleur, sans en passer par une caractérisation démoniaque (ou à l’inverse complètement victimaire) du personnage. Se placer « du côté » d’Ulis c’est observer, petit à petit, les mécanismes, la mise en place du harcèlement ; la déresponsabilisation, la fuite, ainsi que l’indifférence à tout.
Tous les choix de narration, les situations et les personnages s’imbriquent astucieusement pour se répondre et faire échos les uns aux autres (que se soit en rebond sur l’histoire, les autres personnage et les (nombreuses) thématiques abordées). Toujours sur le fil, cherchant la justesse plutôt que la démonstration excessive, Maryvonne Rippert réussi à brasser nombres de sujets chers aux ados tout en proposant une vision qui leur permettent de se désenliser, sans pour autant trahir le côté noir, voire parfois scabreux, de ce qu’elle raconte.