Très riche en concepts, ce livre à l’immense mérite de donner à comprendre la recherche sur les médias au delà de la médiologie française dont il prend soin de s’éloigner. D’un accès exigeant parfois, on ressort de ce livre avec des outils pour mettre en mot et mieux comprendre l’influence et la nature des médias, sans pour autant en dégager un positionnement neuf. On notera l’intérêt d’Yves Citton pour les communs (le big data en communs), mais on reste déçu qu’il ne développe pas ce sujet en se contentant de le brandir de manière trop maladroite (notre bien commun) pour en tirer toute la pertinence, même si la notion de réciprocité à travers le copyfarleft est proposée. Les propositions formulées à la fin du livre ne sont pas nouvelles et contrastent avec la richesse conceptuelle de l’analyse des médias… Ce livre est un précieux appel à comprendre et à « créolisér » (en référence à E. Glissant) les médias et l’influence qu’ils déploient sur nos vies et notre attention. Le livre n’aborde que très imparfaitement les enjeux du numérique, même si l’analyse par les affects inspirée par Spinoza rend les analyses très proches du livre le Web Affectif qu’on recommande aussi chaudement. L’approche par le travail digital inspirée d’Antonio Casillli est un très bon complément à cette lecture, et vient s’articuler à la conception des médias portées par Yves Citton.
Voir l'article complet ici avec une cartographie des principaux concepts du livre. http://www.bibliobsession.net/2018/03/06/citamap-avis-a-propos-livre-mediarchie-dyves-citton/