Après avoir lu les critiques précédentes, je ne peux que rejoindre certaines d'entre-elles. Melmoth furieux ressemble furieusement à Toxoplasma.
Même révolte, même révolution, même sentiment d'impuissance et pourtant même tentative de se libérer.
J'aime le style de Sabrina Calvo. J'aime sa manière atypique de nous embarquer dans sa folie, de s'ériger contre les dictats de tout bord, j'aime son anarchie du désespoir.
Je ne suis pas sûre qu'il faille prendre au premier degrés sa vision d'une société dirigiste, impitoyable, qui condamne toute vision en dehors de celle érigée en loi.
N'est-ce pas, un peu, le rôle de tout artiste, que de bousculer les idées reçues, les logiques absurdes, les automatismes d'une société où, à l'instar de la fameuse histoire de l'échelle, des singes et de la banane, nous finissons par "ne plus manger de bananes" sans savoir pourquoi ?
Néanmoins, je pense, et je peux me tromper, que le combat que mène l'auteure dans ses romans n'est pas tant contre un extérieur ultra-policé que contre son propre intérieur à elle, ses propres démons.
Ce combat est celui de la vie. La vie est un tumulte, la vie est un ensemble de vibrations, une symphonie de tissus qui, couche après couche, recouvre les vides ou les découvre, suture les plaies ou les titille. Tissus qui rappent, étouffent, brillent, effleurent, caressent, mettent en relief ou camouflent l'enfant que nous étions, sans jamais totalement l'effacer.