Ma foi, je suis resté un peu sur ma faim.
Je n'avais lu de Sabrina Calvo, m'ai l'avais déjà entendu parler en festival, et j'en avais entendu du bien. Ce roman m'avait d'ailleurs été chaudement recommandé par une amie (et néanmoins collègue, ou alors c'est l'inverse), et j'entamais donc ma lecture en confiance.
Et en effet, les premières pages m'ont plutôt convaincu. Écriture féroce, personnages attachants et cadre narratif stylé : le quartier de Belleville (Paris), devenu une "commune autonome" au sein d'une France post-apo, où le reste du territoire est dirigé par un état autoritaire.
Au milieu de tout ça, notre héroïne : Fi, une couturière que la vie n'a pas ménagée et qui a un grand rêve : brûler Eurodisney, devenu le centre névralgique du nouvel état policier.
Elle a bien sûr ses raisons (outre le plaisir de déboulonner un centre du fascisme that is), mais je n'en dirais pas plus ici.
Tout cela est fort plaisant, agréable à lire jusqu'à ce que le roman bascule dans... autre chose...
Autant le début m'a plutôt convaincu, avec sa Belleville autogérée et farcie de gauchistes plus ou moins conséquents (et par tant plus ou moins agréables) et les péripéties de Fi dans son projet de croisade contre Eurodisney, autant la deuxième partie part dans une forme de délire psychédélico-magico-onirique qui sort un peu de nulle part au regard des pages précédentes, et je suis clairement pas rentré dedans.
Ce qui m'a au fond le plus gêné, c'est le côté absolument pas expliqué de ce revirement total et de cette irruption du fantastique dans le réel. Il y a plusieurs possibilités à votre disposition à ce moment là : accepter le récit tel quel et premier degré ou, comme je l'ai fait, se dire que Fi est sous substance, et que toute la fin du roman se déroule dans sa tête.
Quoiqu'il en soit, sans avoir passé un horrible moment de lecture, j'en ressors peu emballé et dubitatif quant à la forme de ce roman. La Volte est connue pour ses auteurs avant-gardistes (et gauchistes) et le style radical qui va avec, mais c'est particulier et je dirais que globalement, ça se mérite.
Force est de constater que je ne suis pas méritant...