Mencius a continué la pensée confucianiste avec des approfondissements intéressants. Si je peux évoquer mon expérience personnelle, j'ai eu beaucoup de mal avec quelques chapitres, notamment ceux traitant des rites ou d'histoires qui m'étaient assez incompréhensibles. Parfois, aussi, je n'ai pas compris certains chapitres, par manque d'intelligence ou de sagesse. Ce n'est en rien une fatalité, je dois continuer mon érudition pour peut-être un jour devenir un homme de qualité et de vertu.


Mencius, en quoi est-il similaire à Confucius, en quoi est-il différent ? Quelles sont ses grandes idées ? Quelles idées me font échos ou au contraire tombent dans le néant ? Je vais répondre à toutes ces questions.


Permettez moi d'abord de faire une petite introduction de qui est Mencius et le contexte de son époque afin de bien comprendre ses textes. Maître Meng vécu entre 380 et 289 avant notre ère, donc pendant la période des Royaumes combattants. C'était une période caractérisée par sa violence et son instabilité politique. Effectivement, suivant la dynastie des Zhou, la période des Royaumes combattants s'est traduite par une fragmentation de la Chine en petits royaumes. Durant cette période, les grands empires attaquaient les plus faibles. Aussi, les empereurs étaient corrompus et violents envers la population. Il faut bien comprendre ce contexte politico-historique pour ne pas considérer Mencius comme un simplet révélant des vérités que tout le monde connaît déjà. Il est important que le voile recouvrant notre vision occidentale du 21ème siècle ne nous empêche pas de nous resituer dans des époques différentes, avec des problématiques différentes. Enfin, certaines piqûres de vertus de Mencius sont bien utiles, même à notre époque. Parfois, aussi, la forme prise pour énoncer des vérités connues fait que celles-ci sont évoquées sous de meilleures formes, plus digestes, plus belles.


Mencius est un confucianiste. Il cite régulièrement Confucius et ne remet jamais en question le maître. Il se considère d'ailleurs lui-même comme étant un descendant spirituel de Maître Kong. Sur la piété filiale, les rites, la vertu, Mencius ne change pas de Confucius, mais parfois avec des nuances.

Je vais m'autoriser, par la suite, à illustrer les convictions de Mencius qui m'ont le plus touchées à l'aide de citations, ce qui est, à mon avis, le moyen le plus efficace pour une compréhension éclairée.


Sur l'éducation, il est très proche de Confucius, chapitre 3.A.4 : “Le prince Millet enseigna au peuple à semer et récolter. Il lui apprit l'art de planter les cinq céréales qui procurent en mûrissant de quoi vivre aux gens. Mais il en est ainsi de la Voie humaine : s'il est rassasié, au chaud et demeure à l'aise, mais sans recevoir d'éducation, l'homme restera proche de la bête.” Là comme maître Kong, Mencius assure l'importance d'une population éduquée sur les relations humaines fondamentales, l'équité entre le souverain et le sujet…


Sur le souverain, il apporte une vision plus critique que celle de Confucius. Comme lui, il établit que le souverain doit être respecté seulement si il est juste envers le peuple mais ajoute au chapitre 5.B.8, à propos de la fonction de ministre au roi Xuan de Qi : “Si le prince commet de graves erreurs, ils doivent lui faire des remontrances ; s'il tergiverse et ne les écoute pas, ils doivent le détrôner.”. Cette phrase laissera son interlocuteur sans voix. Cela coule effectivement de source car une telle remarque à une telle époque constituait une rupture radicale avec les normes de l'époque. On voit bien que Mencius est beaucoup plus extrême dans ses positions que son maître spirituel. Sur cela maître Meng était opposé à Xunzi qui croyait que la nature humaine était fondamentalement mauvaise et qu'elle devait être corrigée par les rites.


Pour finir, le point le plus important de Mencius, l'humanité. En effet, là où maître Kong ne s'était pas prononcé sur la nature innée malveillante ou bienveillante de l'humain, maître Meng lui à une position bien tranchée : l'humain est bon de nature. Il illustre cet argument avec un exemple présent dans le chapitre 2.A.6 : “ Ce qui nous fait affirmer que tout homme est doué de compassion, c'est que toute personne qui apercevrait aujourd'hui un petit enfant sur le point de tomber dans un puits, éprouverait en son coeur panique et douleur, non pas parce qu'il connaîtrait ses parents, non pas pour acquérir une bonne réputation auprès des voisins ou amis, ni parce qu'il détesterait l'entendre pleurer. Il ressort de cette consultation qu'il serait inhumain de ne ressentir aucune commisération comme ce le serait de n'éprouver aucun sentiment de honte et d'horreur, comme il serait inhumain de n'avoir aucun esprit de renoncement et conciliation. Sans conscience du bien et du mal on ne serait plus une créature humaine.” Cet exemple est marquant pour le réalisme de cette situation. C'est aussi ça la philosophie chinoise de cette époque, du réalisme, simple et efficace. Personnellement, je partage son point de vue sur la nature humaine. C'est donc avec plaisir que je peux adopter cet exemple dans mon lot d'arguments.


En conclusion, Mencius était un grand humaniste, confucianiste donc attaché à la piété filiale et à l'éducation. Même si parfois j'ai été “ennuyé” par certains passages, j'ai finalement plutôt apprécié dans l'ensemble ce récit qui peut parler à chacun d'entre nous. Aussi, je n'ai pas parlé de certains passages non thématiques mais qui reste très pertinent. A vous de le lire pour en découvrir toutes les leçons de sagesse et de vertu, qui, je le pense, peuvent être une leçon pour chacun d'entre nous.

Platova
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le 2 juil. 2026

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