J’ai abandonné la lecture de Middlemarch après en avoir seulement lu le quart.
J’ai d’abord été emballée, écrivant à ma voisine, qui étudie la littérature anglaise à l’université où je travaille : « c’est un mélange de Jane Austen, Thomas Hardy, d’Edith Wharton et des Russes. Pourquoi n’ai-je jamais entendu parler de ce chef d’œuvre ?? »
Et il n’y a aucun doute que c’est en effet un chef d’œuvre.
Mais Dorota n’a ni la grâce, l’humour, la légèreté et l’optimisme d’Elisabeth, ni le caractère si attachant et bouleversant de Tess et de sa destinée, ni la beauté glacée et mystérieuse d’Ellen. Elle a certes la profondeur spirituelle de certains personnages de Tolstoi par exemple, mais le roman n’a vraiment pas le souffle romanesque, ou épique d’un Guerre et Paix.
En un mot, j’ai admiré Middlemarch. Mais je n’ai pas réussi à l’aimer assez pour lire 1000 pages à propos d’une héroïne qui me laisse de marbre. C’est vrai de tous les personnages d’ailleurs. Je me demande si George les aimait, elle, ses personnages.
Et puis on sent la cata arriver. Non pas d’une façon tragique et sublime comme les destins de Tess et d’Elen, mais on sent venir une vie de malheur et de désillusions et honnêtement je n’ai pas eu envie de m’infliger ça.