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Procès d'intentions
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En France, la découverte de Cho Nam-joo s'est faite début 2020 à travers Kim Jiyoung, née en 1982, un roman dans lequel l'autrice livrait "une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvenait pas à lutter". D'une certaine manière, son recueil de nouvelles, Miss Kim, reprend le même sujet et lui donne une ampleur plus importante à travers huit portraits féminins, d'adolescente à grand-mère, qui symbolisent un état des lieux saisissant de la place des femmes, aujourd'hui, au sein de la société coréenne. La plume acidulée de Cho Nam-joo montre une évolution en marche, tout du moins dans les mentalités de celles qui ont longtemps accepté de respecter les règles sociales, à leur corps défendant, et qui manifestent désormais un désir d'indépendance de plus en plus marqué. Chaque nouvelle expose des situations et des milieux divers, de l'EHPAD à l'école, de la famille au monde du travail, en passant par les relations de couple. Avec une certaine douceur, l'écrivaine raconte pourtant des violences, des aliénations ou des emprises dont les victimes ne prennent conscience que tardivement, avant de chercher à s'en émanciper. Il y a une homogénéité assez remarquable dans ces récits et une analyse comportementale très fine, que cela soit du côté des hommes ou des femmes, lesquels ont bien du mal, chacun à leur niveau, à remettre en question les façons de vivre ensemble et la considération du sexe opposé. De fait, ces différentes histoires sont moins innocentes qu'elles pourraient paraître de prime abord et le succès du livre en Corée prouve que Chom Nam-joo a su toucher juste, sans pour autant chercher à délaisser la littérature pour la sociologie.
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le 19 mars 2026
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