On l’appelle « le cassos », celui qui a un père cinglé qui picole et pas de mère, un garçon trop émotif et instable. Chez eux, c’est l’Ardèche des pauvres, celle où l’on ne fait que passer, par hasard, quand l’autoroute encombrée vomit ses hordes de vacanciers assoiffés de soleil qui tentent désespérément d’éviter les bouchons rituels. Une poste ouverte deux heures par semaine, des commerces moribonds, une église fermée où même Dieu ne vient plus. Son père l’appelle Morvan, en souvenir du lieu de naissance de sa mère.
Ouvrier chez un horticulteur, deux ans après la mort de son père, il fait sa valise sans réfléchir.
Bénédicte Belpois nous conte l’équipée de trois êtres cabossés par la vie, une histoire d’amitié et d’amour inaccessible.
Il y a des romans qu’on aimerait relire, qu’on souhaiterait offrir aux gens qu’on aime. On a parfois du mal à expliquer pourquoi ce livre nous a tant émus : la beauté de l’écriture, la sensibilité des personnages, sa justesse émotionnelle et son humanité profonde. Je me suis immergé totalement et avec bonheur dans ce récit d’apprentissage moderne sur la force de guérison que peuvent avoir les autres.