Sans concession. Pas le moindre questionnement, doute, pas la moindre remise en question qui puisse faire dévier la charge de prétoire vers un exercice de compréhension du phénomène social. La naturopathie, c'est du charlatanisme. Point. En veulent pour preuve les funestes conséquences que certaines prises en charge ont eu, s'apparentant à du déni. Ou les honoraires excessifs de certains praticiens ou instituts de formation. Mais tout de même, l'angle mort est béant. On ne peut pas balayer avec mépris tout un champ millénaire de médecine traditionnelle basée sur l'écoute, une approche holistique du corps et de la personne, sous prétexte qu'elle puisse faire de l'ombre à la médecine moderne. Les deux peuvent, et les deux doivent coexister. On connaît aussi les limites de la clinique spécialisée qui manque trop souvent l'essentiel par sa dépendance à l'imagerie technologique et localisée. On sait combien au-delà des protocoles de gestion des risques, tout se joue dans la rencontre, la confiance, la compréhension mutuelle entre patient et soignant. Et on n'aura jamais trop de médecines "parallèles" pour ouvrir des perspectives de guérison.
Le problème de la naturopathie ne réside pas simplement dans ses dérives : cette pratique est problématique car elle dévalorise - c'est sa raison d'être - la démarche scientifique. Et surtout, inoffensif ne veut pas dire efficace. Ne pas faire de fausse pro- messe à un malade ou ne pas l'éloigner du corps médical est une chose, lui apporter un quelconque bienfait en est une autre. Il faudrait donc éviter de légitimer et d'offrir toujours plus de crédibilité aux pseudo-thérapies.