Neverwhere
7.6
Neverwhere

livre de Neil Gaiman (1996)

On ne peut pas dire que j'aie été transportée, ni même franchement divertie par Neverwhere de Neil Gaiman, auteur que j'ai découvert à travers ce roman. Pourtant, je trouvais plutôt sympathique l'idée de départ, à savoir la plongée d'un homme de notre monde malgré lui dans un autre, sorte d'univers magique à la Dickens. Cette "ville d'En Bas" me paraissait très prometteuse. Hélas, si cet univers est bien brossé, on s'y ennuie vite. Passés les premiers traits d'humour noir et la découverte de cette Londres souterraine, le ton lasse assez vite, l'humour se révèle pas très subtil et surtout très répétitif... quand il y en a. Les deux personnages principaux sont insipides, la narration manque de rythme, et, cerise sur le gâteau, on devine qui est le grand méchant bien avant les héros, qu'on voit donc se précipiter dans un piège gros comme une maison tout en se disant "Mon Dieu, comment peuvent-ils être aussi bêtes ?"


Bref, si le début m'a divertie, l'ennui m'a gagnée peu à peu et j'ai peiné pour aller jusqu'au bout ; j'étais à rien d'abandonner ce roman qui, finalement, ne recèle rien de bien original. On passe avec les personnages de lieu en lieu, de rencontre en rencontre, dans une forme de récit un peu morne et ennuyeux. Dommage, car il y avait véritablement de la matière à exploiter, à travers le personnage de Richard et de sa descente aux enfers. On se serait en effet attendu à ce que, d'une façon ou d'une autre, le thème des clochards soit réellement abordé. Je ne demandais rien de spécialement philosophique, juste que l'auteur ne passe pas à côté d'une occasion aussi énorme. Certes, la fin, légèrement ambiguë, nous ramène à ce sujet, mais je pense qu'il y avait moyen de le développer mieux et davantage - sans sombrer dans le misérabilisme pour autant, le but de Neil Gaiman étant tout de même de divertir son lectorat.


Et le truc qui m'a complètement échappé, c'est la raison pour laquelle Neil Gaiman a écrit au moins trois versions de Neverwhere ; il ne me semble pas qu'il s'agisse là d'une œuvre qui mérite autant d'obstination... Pour ma part, j'ai lu la version author's cut, "revue et augmentée" (la seule dispo dans ma bibliothèque). Eh bien je crois que j'aurais pu largement me passer des "augmentations" !

Créée

le 13 juil. 2017

Critique lue 571 fois

Critique lue 571 fois

2

D'autres avis sur Neverwhere

Neverwhere

Neverwhere

8

MarlBourreau

464 critiques

La porte de l'imaginaire.

A Londres, Richard Mayhew mène une petite vie sans histoire ni relief. Mais il est heureux, comme tout le monde peut l'être en menant une existence rythmée par la triptyque "métro, boulot, dodo"...

le 6 déc. 2014

Neverwhere

Neverwhere

7

CathyB

174 critiques

Critique de Neverwhere par CathyB

Commençons par les points faibles de Neverwhere : parfois, une narration un peu maladroite, qui fait que l'on perd le fil, ou que le suspens n'est pas aussi présent qu'il le pourrait. Le fin mot de...

le 16 juin 2012

Neverwhere

Neverwhere

7

Diothyme

216 critiques

Critique de Neverwhere par Diothyme

Neverwhere est à la base une série anglaise de six épisodes diffusée en 1996 sur la BBC qui n'a été qu'ensuite adaptée en roman. Le prologue nous présente deux personnages qui ne sont pas les...

le 21 févr. 2011

Du même critique

Solaris

Solaris

9

Cthulie-la-Mignonne

369 critiques

Mélancoliques mimoïdes

Un des romans les plus marquants qu'il m'ait été donné de lire, et qui demande sans doute à être lu et relu pour en saisir toute la portée. L'histoire de Kelvin, rejoignant trois collègues sur la...

le 5 mars 2016

« Art »

« Art »

1

Cthulie-la-Mignonne

369 critiques

Halte au plagiat !!!

J'ai presque envie de débuter ma critique par "C'est une merde", pour reprendre les propos d'un des personnages de la pièce. Certes, c'est un début un peu vulgaire, mais certainement pas plus que...

le 14 févr. 2019

Bleu

Bleu

8

Cthulie-la-Mignonne

369 critiques

Incontournable Pastoureau

J'avais commencé par regarder, il y a déjà quelques temps, les conférences en ligne de Michel Pastoureau sur les couleurs à l'auditorium du Louvre. Et c'est parce qu'elles m'ont captivée que j'ai...

le 7 mars 2015