Les descendants des protagonistes et antagonistes de Tai-Pan remettent le couvert, avec toute la hargne justifiée par 120 ans de rancune générationnelle. Cette fois sur toile de fond de guerre froide, alors que la CIA, le KGB et MI6 convergent sur Hong-Kong via agents, agents doubles, et agents triples infiltrés dans les moindres recoins de la société, de la police et de la finance.
De nombreux fils dramatiques lancés en l'air dans Tai-Pan nous retombent ici sur la tronche, des dettes de sang et d'honneur centenaires exigeant d'être repayées - à Hong Kong, les descendants héritent des crimes de leurs ancêtres sur plusieurs générations.
Le trafic d'opium par vedettes à voiles et les magouilles de négoces sur l'importation du thé font place au délit d'inité, à l'espionage industriel et moult autres crimes financiers qui, à Hong Kong en 1963, ne sont que des "impolitesses". Dans ce Far (W)Est financier, tous les coups sont permis, les fortunes se font et se défont à coups de rumeurs et de trahisons, et on partage mardi soir un petit whisky avec l'homme qui nous a planté un couteau dans le dos lundi matin - that's just business, baby!
Absurde roman-fleuve de près de 1 300 pages (qui couvrent juste une semaine dans la vie de ces tarés), je l'ai dévoré sans pitié et j'en redemandais encore comme Oliver Twist.