Dans cette fiction, Norferville est la ville la plus au Nord du Québec, la plus proche de Sept-Iles, pourtant située à 800 kms de là… De la bouche de ses habitants, c’est une « triste prison au milieu de la taîga« , une ville « jaillie du fond des Enfers« , née dans la violence causée par l’asservissement des autochtones indiens au profit des gisements de fer. Si cette bourgade isolée est créée de toutes pièces par Franck Thilliez, le sort réservé aux autochtones, notamment aux femmes et filles d’origine innue est avéré…
Teddy Schaffran est détective et criminologue à Lyon. Lorsqu’il apprend que sa fille Morgane a été retrouvée morte dans une province isolée du Québec, il abandonne aux soins de son associée son agence privée et gagne les terres du Grand Nord dans l’ultime but de comprendre l’impensable : ce que sa fille faisait dans cette région hostile et la raison pour laquelle son corps a été sauvagement mutilé et abandonné non loin d’une réserve autochtone. Les blessures ont-elles une origine humaine ou animale ? Le mythe du Windigo, cette créature mi-Dieu, mi-bête, laisse peser une ambiance des plus inquiétantes sur la réserve de Papakassik… Sur place, Teddy rencontre Léonie Rock, une jeune policière métisse, contrainte de revenir dans la ville de sa naissance dans laquelle trois individus, vraisemblablement motivés par la haine raciale, l’ont violée alors qu’elle était adolescente. Le détective lyonnais et la flic québécoise se confrontent à l’inspecteur Liotta et sa clique qui semblent terroriser la population locale.
Armé de personnages attachants opposés à des êtres abjects, ce thriller dénoue une histoire bien menée évoquant les violences à l’encontre des Amérindiennes, victimes de ce que l’on appelle une « cure géographique », une base sordide qui nous rappelle que l’enfer règne sur Terre, y compris dans des contrées où la température avoisine les – 20°. Ce roman tout à fait louable traite d’un sujet intéressant de façon plutôt convaincante, toutefois je n’ai pas retrouvé l’engouement que j’éprouve habituellement à la lecture des romans de Franck Thilliez, qui me semblent (principalement les plus récents) beaucoup plus intenses et puissants que celui-ci. Norferville n’est pas représentatif du talent de l’auteur, mais il est normal lorsque l’on a atteint des sommets de redescendre quelques marches. Vivement le prochain !