Lire ce texte m'a paradoxalement (un peu) réconcilié avec la série, que j'avais trouvé geignarde et assommante : et bien elle était très fidèle au livre ! Blague à part, c'est ma première incursion dans l'œuvre de Sally Rooney, et je ne comprends pas la hype.
Mon plus gros reproche serait la médiocrité de l'écriture, je m'attendais vraiment à lire une plume, on la compare plus que de raison avec Salinger ou Austen, merde. C'est très plat et clinique, dans une totale absence de style selon moi. Même les dialogues m'ont semblé à côté.
J'ai eu l'impression de lire une proposition de comédie de mœurs (enfin, on se marre pas beaucoup...), sans que ça ait été mis en forme stylistiquement. Il y a des idées qu'elle met du temps à pousser mais qui sont intéressantes (les rapports de domination qui traversent toute la relation entre Marianne et Connell, l'histoire traumatique de Marianne et ses répercussions sur sa personnalité, les relations amoureuses infernales que s'infligent millenials et genz, les quiproquos modernes...) mais c'est très pauvrement illustré, à mon sens. J'ai trouvé aussi Marianne très antipathique, et même si on l'excuse ensuite en découvrant son passé, je trouve que c'est une maladresse d'écriture que de ne pas avoir su la rendre attachante dès le départ (en toute modestie hein, j'ai jamais écrit de roman... mais bon vu qu'elle est portée aux nues, je me permets d'être un peu sévère pour contrebalancer). J'aimerai pouvoir relire cette peinture de mœurs, mais réécrit par quelqu'un avec une vraie plume et le sens du dosage pour savoir sur quoi appuyer, et sur quoi ne pas s'appesantir.
Enfin, la "morale" de l'histoire m'a profondément révolté, et réaliser que Marianne, même dans une relation saine, sera toujours en quête d'emprise et de soumission... berk. Peut-être que c'est comme ça que ça fonctionne, mais j'ai détesté cette fin que j'ai un peu perçu comme excusable : elle est toujours sous emprise, mais d'un nice guy, donc "ça va".
J'en sors un peu déprimée.