Tout au long des pages ce sont la passion et l'obstination d'Edmond Charlot qui habitent le roman. On se prend immanquablement d'affection pour ce petit éditeur d'Alger visionnaire qui a permis à plusieurs grands noms de la littérature d'émerger mais dont l'idéalisme n'a pas résisté à la concurrence féroce des grosses maisons parisiennes. Malgré un contexte souvent violent c'est définitivement la douceur et la bienveillance qui dominent le récit, les coups bas et affrontements étant toujours pudiquement relégués aux marges du texte.
C'est donc tout naturellement qu'en dépit d'une fin plutôt sombre, on referme ce livre avec la conscience aiguë qu'il nous faut plus que jamais protéger et faire circuler les livres mais aussi avec l'optimisme de penser que ce partage peut encore être reçu comme un cadeau précieux.