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Incroyable néo-gothique, servant l’obsession délétère comme les inquiétudes et vertiges intimes.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/02/07/note-de-lecture-bis-notre-chateau-emmanuel-regniez/
le 7 févr. 2016
Octave, qui vit cloîtré dans une grande maison avec sa sœur Véra, laquelle n’en est pas sortie depuis vingt ans, l’aperçoit dans un autobus au cours de sa sortie hebdomadaire : alors que la quatrième de couverture (1) laisse penser que cet événement déclenchera une série de péripéties, il n’en est rien. Cette vision n’est qu’un signe, qu’il conviendra que le lecteur accueille comme tout le reste : avec circonspection. Rien n’est véritablement donné dans Notre Château, ce qui le rattache à ces livres post-quelque chose, avec lesquels il partage un certain nombre de traits : méta-littérature, recherche d’un style singulier, mépris pour la notion de confort, accueil d’autres formes artistiques…
De fait, on trouve un peu de tout dans ce récit : d’innombrables fantômes (voir p. 159) et des événements inexplicables, bien sûr, mais aussi un couple incestueux, du passé trouble, une bibliothèque pleine de symboles, quelques piles de bouquins, beaucoup de folie et pourquoi pas une âme ? Mais à l’image de certains greniers poussiéreux, Notre Château est plus encombré que véritablement labyrinthique : les références littéraires constantes – en particulier à Shakespeare –, les remarques appuyées sur la bibliothèque qui unit et en même temps distingue Véra et Octave, la liste d’auteurs qui clôt l’ouvrage sont à cet égard révélatrices. Quant aux photographies de Thomas Eakins en fin d’ouvrage, et aux partitions de Schubert et de Couperin qui ouvrent et concluent le récit, elles peuvent donner une impression de fourre-tout. Oui, le Château est ici un personnage, et oui, « Notre monde est contenu dans Notre Bibliothèque. Notre monde est notre bibliothèque. » (I, chap. 6, p. 39) : on passera sur l’originalité…
Heureusement, Emmanuel Régniez sait écrire, quoiqu’il semble chercher à ne pas le montrer : son style incantatoire, tout en phrases courtes et en anaphores, montre assez bien la folie du narrateur. Il serait extrêmement pénible sur la durée, mais, utilisé avec une relative parcimonie, parvient à dynamiser un récit qui, sans cela, ronronnerait de référence en référence. C’est aussi la longueur réduite de Notre Château qui évite que le désordre se change en marmelade.
De toute façon, « C’est un jeu. C’est une blague. Tout ceci n’est qu’une blague. Nous sommes le 1er avril et tout n’est qu’une immense blague. Une blague qui a commencé hier. Une blague idiote, rageuse, violente, mais une blague. C’est une bonne grosse blague, pas très drôle, une bonne grosse blague – et je n’en connais pas encore la chute – qui sera forcément désopilante. Même si je doute des qualités humoristiques de ma sœur. Je ne crois pas que sa blague se terminera en éclats de rire. » (II, chap. 4, p. 74-75).
(1) Qui écrit ces quatrièmes de couverture, d’ailleurs ? Que signifie « Le cocon […] vacille » ? Qu’un truc censé être solide vacille, c’est anormal, mais un cocon, pourquoi un cocon ne vacillerait-il pas ?
Créée
le 18 févr. 2017
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