Avant d'ouvrir le livre, j'ignorais qui était Nûdem Durak et mes connaissances sur la situation politique et sociale au Kurdistan étaient assez floue. Le récit-témoignage de Joseph Andras m'a vraiment ouvert les yeux. L'auteur a passé de nombreuses semaines dans le sud-est de la Turquie où a vécu Nûdem - la jeune artiste emprisonnée pour 19 ans - a rencontré des membres de sa famille, a pu échanger avec des personnes qui l'ont connue, qui ont souffert comme elle de la répression policière et d'une justice aux ordres. Il s'est aussi imprégné de la géographie des paysages qu'il a traversés et a compris, en observant quartiers vides, maisons abandonnées et ruines, ce qui s'est passé avant ses séjours.

Joseph Andras écrit dans un français soigné, sans emphase ni pathos. Défenseur de la cause kurde, tout particulièrement en Turquie, apporteur de témoignages poignants, il nous fait aussi prendre conscience de la situation contrastée pour les Kurdes selon l'Etat dans lequel ils résident.

Chaque court chapitre est suivi par une ou deux pages écrites par Dûrem, dans lesquelles elle évoque dans une belle langue poétique sa jeunesse, ses engagements, la dureté et la brutalité féroce du gouvernement turc à l'égard des Kurdes.

Un livre essentiel.

Jihel
8
Écrit par

Créée

le 1 févr. 2024

Critique lue 28 fois

Jihel

Écrit par

Critique lue 28 fois

D'autres avis sur Nûdem Durak

Nûdem Durak

Nûdem Durak

8

Jihel

le 1 févr. 2024

Suivre

Critique de Nûdem Durak par Jihel

Avant d'ouvrir le livre, j'ignorais qui était Nûdem Durak et mes connaissances sur la situation politique et sociale au Kurdistan étaient assez floue. Le récit-témoignage de Joseph Andras m'a...

Du même critique

Il reste encore demain

Il reste encore demain

8

Jihel

le 10 mars 2024

Suivre
Dernière modification

le 19 mars 2024

Critique de Il reste encore demain par Jihel

Chronique en noir et blanc - photographie superbement maîtrisée - un tantinet théâtralisée du quotidien d'une famille romaine à la fin de la seconde guerre mondiale, dans une atmosphère hautement...

La Main

La Main

8

Jihel

le 31 janv. 2024

Suivre

Critique de La Main par Jihel

Wong Kar-Waï nous offre un court long-métrage ou un long court-métrage - moins d'une heure - au charme indéniable. Le scénario tient en peu de choses. Le timide - et probablement vierge - Zhiang se...

Le Temps d’aimer

Le Temps d’aimer

7

Jihel

le 4 déc. 2023

Suivre

Vivre avec son passé

François et Madeleine n'étaient pas de ceux qui étaient destinés à se rencontrer. Madeleine, enceinte d'un soldat allemand à la libération en 1944, a fait partie de celles dont on a rasé le crâne en...