Je ne connais pas la part précise de l’autobiographie dans l’intrigue de Nuit des princes. Je sais simplement, comme Kessel l’indique dans sa préface, que son livre est la trace de sa fréquentation de l’immigration russe dans le Paris des années 20. Quoi qu’il en soit, il n’avait que 27 ans quand il le rédigea et l’on ne peut que s’étonner combien sa compréhension de l’humanité était déjà profonde. Son livre est plein d’alcools forts et de sentiments forts. C’est bien troussé, bien écrit.
C’est à ce jour le seul livre que je connais de lui mais je devine que cette empathie universelle qu’il y déploie est sa signature d’écrivain. Son regard rempli de bonté est de fait la force qui transcende les malheurs qu’il raconte, et qui rend sa prose si attachante.