Clifton est un jeune Noir-Marron (descendant des esclaves révoltés du Suriname) qui fuit la Guyane vers la France où il échangera contre des milliers d’euros les boulettes de cocaïne qu’il a dans l’estomac. Bien d’autres avant lui ont tenté cette aventure qui les rendra riche jusqu’à la fin de leurs jours, mais la plupart ont échoué. Il se dit pourtant que certains ont réussi. De toute façon, lui, il est protégé par l’Obia, la décoction qui le rend invisible, à condition qu’on ne l’ait pas choisi comme chèvre (celui qu’on dénonce aux douaniers pour libérer le chemin)
Mais il est poursuivi par trois chasseurs : le major Marcy, un Créole (un Blanc né aux Antilles et qui s’est occidentalisé) au courant de tous les trafics et de tous les trucs et qui n’applique la loi que quand cela l’arrange ; le capitaine Anato, un Ndjuka (un Noir-Marron qui a conservé ses racines africaines) et Vacaresse, un ancien gendarme devenu privé.
Obia est un polar équatorial aussi dense et touffu que la forêt du même nom. Dépaysement garanti dans un pays qu’on ne connaissait que par les récits de ses bagnards et qui se révèle infiniment complexe dans son identité multiple et métissée. Chaque ethnie et communauté, pleines de méfiance, voire de rancune, se défient encore les unes les autres, après la guerre civile qui les a déchiré et divisé. Et comme partout ailleurs, la bêtise qui sert de ciment au racisme primaire.
Hormis un travail ethnologique remarquable, Obia est surtout un polar puissant, riche et envoûtant.