Par Bernard Quiriny
Dix ans après Ingrid Caven (2000), il y avait eu Entrée des fantômes ; quatre ans après Entrée des fantômes, voici Obsessions, mince recueil de onze nouvelles altières, signées d’un dandy qui prétend n’en être pas un (mais cette auto-ironie est dandy elle-même), d’une plume souvent souveraine. On replonge beaucoup, fatalement, dans l’air un peu mythologique des années glorieuses (1970/1980), avec ses personnages : voici Warhol, Jim Jarmusch, Helmut Berger ; ses lieux : New York, les Champs-Elysées vers cinq heures du matin, divers hôtels ; ses goûts et parfums, dont, fatalement, le fameux « Obsession » qu’il aurait été impensable, vu le titre, de ne pas mentionner. Il y a du déjà-vu dans ces manipulations savantes de souvenirs crépusculaires, d’images, de noms ; mais elles atteignent parfois à la poésie pure, par exemple dans « Obsession » (titre d’une nouvelle, au singulier cette fois), où Schuhl disserte sur sa propre méthode d’écriture, à base de collages, et finit superbement sur une chute parfaite. (...)
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