[Nouvelle critique de 2026]
Cette semaine je me suis littéralement plongé dans L'Odyssée ; j'ai vu l'adaptation au cinéma de Christopher Nolan, j'ai revu la série crée par Arte (narrée par le formidable conteur qu'est François Busnel) et j'ai donc relu le texte d'Homère aux éditions Folio, préfacé par Philippe Brunet et traduit par Victor Bérard.
Et j'ai passé une semaine formidable ! Je me suis délecté de ce texte qui m'avait un peu déçu il y a plus de quinze ans maintenant. Certes quelques uns de mes reproches sont encore valables et d'actualité me concernant, par exemple le fait que cette odyssée n'occupe au final que peu de pages relativement à cette fin à rallonge au pays d'Ithaque. Les scènes avec les prétendants, les mises à l'épreuve de Pénélope, la visite à Laërte et avant cela le passage aux enfers avec Agamemnon, tout cela traîne un peu trop en longueur et je suis toujours étonné de constater que la partie "voyage" s'arrête au bout de 250 pages... et qu'il en reste encore près de 200 pour conclure.
Mais pour le reste, tout y est ! le phrasé admirable qui nous enchante tout du long, les ruses d'Ulysse et sa curiosité maladive qui lui attire les pires malheurs, les conflits internes qui minent l'Olympe, plus déchiré que jamais. Les épisodes sont nombreux, pas tous traités avec autant d'épaisseur qu'ils l'auraient mérité mais autant de verve et de poésie. C'est le sommet de la littérature, c'est le point de départ de tellement de récits, de contes et d'histoires qui ont depuis parsemé notre histoire !
Tout est sujet à épithète, pleins d'éléments, de personnages ont droit à un petit rappel d'une histoire les concernant, il y a pleins de petites histoires dans cette grande histoire et l'on dévore cela en en redemandant dans cesse. On se plaît à comparer avec les adaptations qui en ont été faites, à s'étonner de ce que notre mémoire avait ou non conserver. C'est une oeuvre sans doute à tout jamais intemporelle même à notre époque où heureusement bien des choses ont changé (mais d'autres non malheureusement).
Malgré ses défauts, que je pointais déjà à l'époque de ma première critique, ce texte est d'une beauté à toute épreuve, même celle du temps.
[Critique originelle de 2010]
Voilà près d'un an que je possède L'Odyssée d'Homère et ce n'est que récemment que je me suis attelé à la lecture de cette œuvre connue de tous. Comme le dit Jules, L'Iliade et L'Odssée ont finalement peu de choses en commun. Le style d'écriture, la narration et les évènements contés sont différents.
Quant à mon avis, forcément personnel et donc empli de subjectivité, il demeure mitigé. A vrai dire peut-être avais-je placé dans ce livre des attentes trop éloignées de son contexte. Au commencement de ma lecture j'avoue avoir rêvé d'un Ulysse héroïque échappant à divers malheurs et dont l'épopée prendrait fin à son retour en Ithaque. Et il est vrai que ces moments de bravoure existent (la ruse face au Cyclope notamment) mais la plupart de ces actes restent trop bref (le passage devant Charybde et Scylla) ou tout simplement bâclé et sans surprise (lorsque Ulysse résiste au chant des sirènes). Encore une fois c'est sans doute un reproche que l'on peut me faire d'avoir espéré plus d'aventure, plus de détails dans l'action... mais je ne peux m'empêcher d'avoir été déçu.
L'autre gros point noir que je peux trouver à cette œuvre est sa fin. Il y a d'abord les longueurs des préparatifs de la vengeance d'Ulysse, mais aussi la brutalité d'un happy end (ou presque... j'exagère) qui sonne bizarrement (je ne veux pas "spoiler").
Toutefois, malgré ces défauts et ces problèmes de rythme, on ne peut rester insensible devant certains choix appréciables de l'auteur (des auteurs ?). Ainsi Ulysse lors de son arrivée sur l'île des cyclopes prend une décision riche en funestes conséquences qui nous dévoile alors une nouvelle facette de ce héros. Non Ulysse n'est pas parfait, ses erreurs peuvent entraîner le décès de certains de ses camarades et l'on se rend compte au fil de l'œuvre que le besoin de recourir aux dieux est finalement plus que nécessaire et que malgré le statut "d'égal des dieux" qui lui est conféré, il n'en reste pas moins un être vulnérable.
Une sorte de démystification qui sert le récit et le rendrait presque... moderne !