L'auteur utilise les méchants des histoires pour enfants pour nous décrire des monstruosités humaines. Il est question de manger des hommes bien-sûr mais, pour la plupart, ce sont des satyres sociales sur la guerre, l'alimentation, la santé (et ses médecins) et les fast-food, l'écologie, les règles de vie en société, l'éducation ou l'univers des affaires, l'utilité de nos "vieux".
Le ton est percutant et l'on se prend à rire, rire jaune, car ces ogres sont bien trop proches de nous-même. Notre bêtise, notre goinfrerie, notre volonté de pouvoir, notre égoïsme aussi.
Dans quelques histoires, aussi, ces monstres de la littérature enfantine prennent leur revanche de courage, de spontanéité, de malice, de générosité et de finesse. Le propos devient plus poétique encore, très chaleureux. Les ogres deviennent tendres, nous aident à grandir en liberté, nous aide à rire de bon cœur ou nous offrent des rêves... et non pas que des cauchemars d'enfants dévorés.
Un ogre a qui le sérieuzigum ne fait rien et qui continue à faire rire les enfants, les faire grandir avec émerveillement, malice et petits pets dans la fontaine. Des rêves d'enfants qui proposent aux ogres mis aux rebuts une fin de vie toute en douceur dans le monde des hommes...
Ces méchants de fiction prennent la parole, quelque fois déçus d'être utilisés sans savoir... alors ce sont les à-priori, l'imaginaire, l'acte d'écrire et toute l'enfance qui nous apparaissent... que dire: ce sont mes histoires préférées!
Petit bémol tout de même: j'adore le format du livre mais c'est dommage pour les illustrations de Pauline COMIS qui sont magnifiques.