Si vous pensiez que l’Amérique profonde se résumait aux drive-in et aux burgers à volonté, Ohio va vous donner un coup de pelle (émotionnel, bien sûr).
Stephen Markley nous entraîne dans une petite ville paumée où les rêves de jeunesse se sont fait écraser par la réalité comme un raton laveur sur l’autoroute. On retrouve une bande d’anciens camarades de lycée, sauf que l’époque des bals de promo est bien loin : maintenant, c’est drogues, trahisons et traumatismes qui remplissent leur quotidien. Ambiance festive, n’est-ce pas ?
C’est dense, brut, désenchanté, avec une écriture qui sent la fumée de cigarette et la pluie sur un parking vide. Markley disséque le mal-être américain avec une précision chirurgicale, et ça pique.
Petit bémol ? Il faut accrocher au style et ne pas avoir peur des longueurs, parce que l’auteur adore prendre son temps pour tout dérouler comme un tapis de désillusion. Mais si vous aimez les fresques sociales qui cognent fort, Ohio mérite le détour.