Le récit met en lumière deux axes forts. D’abord, une curiosité malsaine : ce besoin de regarder le pire pour se rassurer, qui fait écho aux dérives des réseaux sociaux.
Ensuite, la distance que notre société a instaurée entre l’animal vivant et ce que nous consommons, comme un moyen d’éviter d’affronter le malaise.
Je regrette les quelques longueurs au démarrage et un humour décalé ainsi que le manque de développement sur la relation entre Karl et sa prisonnière notamment autour du syndrome de Stockholm naissant et de l'attachement a son bourreau.
Mais l'histoire est prenante et difficile de lâcher : les pages s’enchaînent, le rythme s’installe, et le malaise s’infiltre durablement.
Une lecture inconfortable, mais efficace, qui pousse à questionner notre rapport à la consommation… et à nous-mêmes.