Par deux fois tu mourras nous transporte directement en Francia, le royaume déchiré des petits fils de Clovis. Je me rends compte à l'écriture de cette critique que j'avais des attentes pour ce livre, propre aux romans de fiction historique et qui sont toutes remplies. Me faire découvrir une période historique, avec une pincée d'intrigue et surtout sans jamais passer pour un cours d'histoire. C'est en vivant l'histoire avec un petit h qu'on s'approprie celle avec un grand H. Chilpéric et Guntramm sont des noms déjà entendus mais qui résonnaient creux comme une date apprise par cœur à l'école. A présent, ils ont une réalité presque tangible dans mon esprit.
L'explication des enjeux politiques de la période est très bien amenée, avec subtilité et naturel dans le déroulement de l'histoire. Les ressorts humains derrière les intrigues de cour font vraiment penser aux Rois Maudits de Druon. Bizzarement les personnages inventés font effectivement moins vrais que les personnages ayant réellement existé. Il y a un manque de profondeur et un manichéisme de ces personnages (les gentils sont très gentils et les méchants très méchants) et globalement on a pas peur pour les personnages principaux qui semblent invincibles malgré leurs péripéties.
La plume érudite de Fouassier saupoudre le roman de connaissances et de pratique médicale et médicinales, en plus d'être terriblement bien documenté sur la période (vous pourrez maintenant sortir scramasaxe au Scrabble). Le rythme de l'intrigue est soutenu et le livre peut se dévorer par poignée de chapitres ou bien déguster par chapitre qui sont de taille raisonnable.
Malgré quelques défauts, j'ai beaucoup apprécié lire Par deux fois tu mourras et je l'ai même prêté plusieurs fois, avec de bons retours à chaque fois.