L'enfer est pavé de bonnes intentions, tout comme la littérature grand public.
Le style d'écriture est digne d'une rédaction d'un élève de cinquième, dans le genre fayot qui voudrait émouvoir ses profs. Dans l'espoir d'une bonne note, notre jeune élève vient titiller la sensiblerie des chaumières. Un pompier qui tombe de 8 étages en sauvant un enfant africain. Une pauvre femme victime de violences conjugales. Un couple stérile. Une ado enceinte. Un papy et une mamie qui font naître une idylle à la maison de retraite. Et j'en passe, et des meilleures, attendez je vais me resservir un macaron... Ah oui, parce qu'il est question de macarons et de paris-brest aussi, et l'indigestion de lourdeurs n'est pas loin.


Parlons de Juliette. (Déjà, oser écrire un roman d'amour où les protagonistes se prénomment Roméo et Juliette, fallait le faire! D'où ma note de 2/10... J'ai salué l'audace de notre élève). Elle pourrait être attachante, mais sa faiblesse, son manque abyssal de discernement, sa mièvrerie empêchent toute identification à cette greluche pathétique, qui ne sort de sa léthargie que pour voler un bébé à la maternité, dans un accès de folie furieuse. Soit...
Evoquons le cas de Laurent, le mari. Agnès Ledig aurait pu dépeindre le harcèlement moral et la relation d'emprise de manière réaliste, si seulement elle avait pris en compte qu'un pervers narcissique souffle le chaud et le froid. Or dans le cas qui nous intéresse, le personnage est si odieux qu'il en devient caricatural, et c'est presque insultant pour les femmes ayant vécu une dépendance affective, car le tableau dépeint se résume à : "un homme rabaissant et cruel en permanence, une femme qui ne s'en rend même pas compte". L'auteur a bien assimilé ses cours théoriques de psycho,mais en pratique, la violence psychologique est beaucoup plus que complexe et insidieuse que "t'as pas fait les courses, femme indigne?".
Je ne parle même pas de Roméo, le mec au coeur fragile sous sa carapace, qui fera à coup sûr craquer toutes les lectrices fleur bleue.
Quant à l'ado dure et sensible à la fois, l'infirmier amoureux, la grand-mère perspicace et bienveillante... Allez, je me reprends un macaron.

eya_loann
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le 5 mai 2016

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