Anne Garréta s'impose d'écrire chaque jour sur une femme qu'elle a ou qui l'a désirée.
Cela donne un livre intime sans être impudique, une réflexion personnelle sur ce qui nous traverse quand on désire (et qu'évidemment on ne comprend pas).
L'essentiel ici n'est pas ce qui est dit mais comment c'est dit. Pour dire le désir, Anne Garréta retrouve la langue du 18e siècle, puisque désirer, sauf à succomber au désir normé par la publicité dans le consumérisme, c'est parler sa propre langue. Aussi est-ce magnifiquement écrit.
Évidemment, on peut trouver que c'est maniéré, intello, un brin poseur, mais pour ma part, je trouve beaucoup de charme, beaucoup de vérité aussi à cet autoportrait fragmentaire, j'y vois un jeu intelligent et sensible avec la littérature et la langue, et une critique sociale sans pesanteur.