Livre trouvé dans les bacs du Noze de Gaillac et acheté pour pas grand-chose, excellent rapport qualité-prix !
J'avais espéré plus de discours sur la transidentité, après avoir lu la quatrième de couverture. J'ai trouvé qu'on restait beaucoup dans la norme hétéro-cisgenre. Allé, des relations bi-sexuelles se construisent, mais à replacer dans son contexte sûrement, du moins l'idée que je peux m'en faire : le Japon des années 90 (voire fin 80, la date de parution est indiqué 1987 sur SC, dans mon exemplaire c'est 1993).
Il n'en demeure pas moins un roman féministe sur le rapport au corps, au sexe, à la sexualité et au sentiment amoureux. Kazumi, la protagoniste, remet en cause la norme sur ces sujets après s'être réveillée avec un pénis à la place de l'orteil droit.
Matsuura Rieko a une écriture que j'ai trouvé sans détour, sur les émotions, les sentiments et la violence. Bien que j'ai trouvé cette dernière parfois minimisée par la protagoniste. Elle vit des choses affreuses mais n'en fait pas grand cas, j'ai plusieurs fois eu un peu envie de la secouer. Et les zhommes sont pour la plupart de gros bébés à la ramasse. Rieko a le talent de nous les faire vivre dans tout ce qu'ils ont de plus exaspérant.
Et donc spéciale dédicace à Jean Campignon, le traducteur, qui n'a pas arrêté de me faire souffler, de plus en plus fort à mesure qu'il accumule les notes de bas de pages pour étaler sa confiture sur le Japon et ses mœurs. Certes, il y a des éléments de contexte enrichissant mais c'est surtout sa manière descendante de les écrire qui m'a terminé. Je suis venu à le soupçonner d'avoir minimiser des passages dans sa traduction tant mon préjugé sur ses opinions politiques est fort.