L'écologie dans la science-fiction, ce n'est pas nouveau mais à l'ère du réchauffement climatique, le sujet est plus que jamais d'actualité. Ned Bauman s'inscrit donc dans ce courant en livrant une intrigue très réaliste.
Dans un futur proche, l'extinction des espèces animales est une vaste farce. Pour se donner bonne conscience, le monde a inventé les crédits d'extinction : si un pays veut organiser des travaux qui vont possiblement détruire une espèce, il doit payer un certain nombre de crédits, qui sont d'autant plus chers que l'espèce est considérée comme intelligente. C'est le travail de Karin Resaint qui doit décider si une espèce animale est douée d'intelligence ou pas. Et la dernière espèce qu'elle est en train d'étudier vient d'être victime d'une catastrophe. La voilà partie à la recherche des dernières spécimens vivants, accompagné par Mark Halyard, un trader dont le goût pour la spéculation vient de se retourner contre lui. Ce duo improbable court après le même but mais pour des raisons diamétralement opposées et se voit obligé de collaborer dans un périple à travers une Europe en pleine déliquescence.
Bon, déjà, évacuons le point le plus fâcheux : qui est responsable de ce titre pourri et de cette couverture immonde qui ne donne pas envie? Le roman est plus complexe que ce que cette couverture laisse penser. Et c'est aussi ça le problème. Ned Bauman s'emploie à décrire un futur réaliste... mais qui manque cruellement de fantaisie et d'imagination. Le voyage des deux protagonistes s'avère vite ennuyant et on ne peut pas dire qu'il leur arrive des trucs dingues. Resaint et Halyard se contente d'aller d'un point A à un point B, en rencontrant des personnages secondaires sur leur chemin, pas plus intéressants que le reste de l'intrigue. Il y avait pourtant du potentiel dans ce sujet mais l'auteur laisse l'impression de ne pas trop savoir quoi en faire et d'être plus intéressé par ce vaudeville ponctué d'un humour cynique pas suffisamment drôle, ni cruel.
Le concept de voyage, de périple en littérature, c'est un exercice de style qui demande un minimum de maîtrise pour ne pas se montrer trop didactique. Il en va de même pour l'humour et j'ai l'impression que Ned Bauman n'est pas un écrivain suffisamment doué pour maîtriser ces deux aspects. L'intrigue finit par se diluer dans les digressions de l'auteur et l'intérêt par se diluer. Reste une certaine originalité qui se dégage de l'ensemble, ne serait-ce que par le ton employé. Mais ce n'est pas suffisant pour en faire un bon roman.