Dans la Chine antique, le fils d’un potier réputé n’a pas hérité de son talent. Afin d’aider son père à réaliser son rêve, il va lui chercher du bois en haut d’une montagne mystique. L’adolescent revient avec le combustible convoité, mais également une malédiction qui changera à jamais son destin.
Porcelaine : La légende du tigre et de la tisseuse est le deuxième roman d’Estelle Faye, une écrivaine française prolifique.
Porcelaine : La légende du tigre et de la tisseuse plonge le lecteur dans la mythologie chinoise. Mais ce monde bercé de magie est loin d’être féerique. Les êtres fabuleux qu’il renferme sont trop souvent cruels, voire impitoyables. Par ailleurs, le travail de reconstitution de ces époques est remarquable. La vie dans les villages reculés, l’ambiance de l’itinérance et les détails du quotidien sont méticuleusement décrits ; le dépaysement est total.
La narration est un peu distante et assez froide, mais c’est acceptable pour un conte, car c’est ainsi que se présente ce récit. Il comporte même une fée !
Malheureusement, ce livre n’a rien de féerique. Si la première partie est épique et tient de l’heroic-fantasy, le récit sombre très vite dans la perversion. L’histoire d’amour originelle, vaguement construite, est rapidement précipitée dans les affres de la séparation et de l’adultère. L’essentiel du récit décrit ensuite la vengeance d’une amante qui n’a même pas été éconduite, juste écartée par des évènements indépendants de la volonté du couple. Plus le roman avance, plus les relations sont laides, jusqu’à un mariage par caprice. Les sentiments amoureux, très ténus, naissent on ne sait comment et servent essentiellement à faire souffrir leurs protagonistes. L’histoire bascule dans un sadomasochiste psychologique de plus en plus cruel. Par ailleurs, l’élégante magie du début se transforme en affrontements jeu-de-rôlesques classiques avec des sortilèges triviaux et même — c’est une faute — des goules, qui sont des démons orientaux apparentés à Lilith et non asiatiques.
Enfin, le héros est un pervers narcissique qui traverse le temps sans rien voir ni comprendre. Il ne cherche qu’à attirer l’admiration sur sa petite personne en apparaissant comme ce qu’il n’est pas derrière des masques. Dès lors, les femmes qui tombent dans ses griffes souffrent. Celle qui se rebelle devient un monstre. Et celle qui se soumet finit par y laisser sa santé dans l’indifférence générale. La fin scooby-doo (ils vécurent heureux après s’être déchiré la gueule pendant une centaine de pages) est complètement surréaliste.
Porcelaine : La légende du tigre et de la tisseuse est sûrement bien écrit d’un point de vue littéraire. La reconstitution de la Chine antique est intéressante, mais ce n’est ni un livre féerique ni une œuvre romantique. Au contraire, ce livre n’est qu’un étalage de fantasmes sadomasochistes matérialisés par des relations toxiques avec force adultères, dépravations et sadisme. Pour les amateurs uniquement.