Alexander Portnoy raconte sa vie à son analyste. Il se répand longuement sur son enfance de petit garçon juif américain, coincé entre une mère possessive et un père fade, employé dans les assurances.
Ma première impression a été négative. On a droit à une longue plainte sur l’enfance prétendument « horrible » qu’il a subie. C’est excessif, redondant, et cela a fini par m’ennuyer profondément.
Ensuite vient la grande obsession de la vie d’Alex : le sexe. Sorte d’exutoire à une éducation trop rigide, Portnoy ne semble penser qu’à cela. On finit alors par mieux comprendre la psychologie de ce triste personnage. D’un côté, le gentil et brillant garçon juif, fierté de la famille ; de l’autre, le gamin qui court après la première jeune fille croisant sa route, surtout si elle n’appartient pas à sa communauté.
Heureusement, le récit prend de l’ampleur lorsque Portnoy atteint l’âge adulte, et j’ai nettement plus apprécié ma lecture. Il devient un homme dont la réussite professionnelle est indéniable, mais dont la vie privée est totalement chaotique. Toujours insatisfait, coincé entre l’image qu’il renvoie aux autres et sa vérité.
C’est excessif, sans filtre et souvent très drôle. Alex est un personnage détestable qui m’a parfois carrément agacé, mais on le plaint aussi, car il est la victime involontaire de son milieu et d’une éducation très particulière.
Philip Roth nous livre une analyse très fine de son héros, et j’ai fini par adorer ce roman inclassable.