"Princesse Kevin" est l'un de ces albums que j'ai lu il y a déjà six ans, alors que je débutais dans le métier de libraire jeunesse. Il est resté sur les rayons de toutes les librairies où je suis passée pour y travailler et il y est encore à ce jour. Il est inscrit dans ces albums incontournables pour traiter les contre-stéréotypes de genres.
Kevin veut se déguiser en princesse pour Halloween, mais il va se rendre compte qu'être une princesse, c'est un paquet de trouble! Des chaussures à talons qui torturent les talons, des paillettes qui grattent, une fermeture éclaire contraignante, vraiment, mais quelle idée! L'an prochain, c'est décidé, il se déguisera en...sirène!
Comique, quand même réaliste ( vraiment, des talons haut, quelle outil de torture!) c'est surtout un pied de nez fort bienvenue aux imbéciles du marketing qui ont créer de toute pièce les stéréotypes genrés ( Pour plus d'info sur la création des couleurs de genre, voir la sympathique et ludique BD "Consommation: Le guide de l'anti-manipulation"). On dédramatise aussi le fait que les enfants choisissent leur costume pour le simple plaisir d'être "autre chose", et non pour manifester une orientation ( le grand argument des gens qui trouvent ces albums "de mauvaise influence"). Halloween, c'est le seul jour de l'année où les enfants peuvent enfiler l'habit de leur choix et être ce qu'ils/elles veulent, laissons-leur ce plaisir.
Je salue donc encore le travail toujours très inspirant et amusant de Michaël Escoffier , qu'on ne présente plus et le crayon pétillant de Roland Garrigue, qui nous a livré des personnages colorés dans tous les sens du terme.
Pour un lectorat préscolaire, 4-5 ans+