C'est long l'éternité ; surtout dans ce livre

Anton Hur, pour son premier roman, tente d'hybrider poésie victorienne et littérature de science-fiction. Plus ou moins ce qu'avait réussi, en somme, Dan Simmons, dans Hypérion.

Si le monsieur a déjà manifestement tâté de l'écriture à travers la traduction _ il écrit d'ailleurs en anglais alors qu'il vient de Corée du Sud_ , il manque clairement d'expérience pour quelque chose d'aussi osé.

Il nous présente, à travers une galerie de personnages, un traitement contre le cancer à base de nanotechnologies dont l'effet secondaire est de procurer une forme d'immortalité. Le récit part du futur proche jusqu'à un lointain futur où les nanites se sont organisées et sont devenues l''espèce dominante de la planète, protégeant les humains restant contre une diabolique intelligence artificielle, au nom chargé de sens de Janus (le changement, c'est maintenant!).

A travers ces quelques vignettes, on reconnaît des thèmes que l'on a déjà vu ailleurs en science-fiction, chez Philip K. Dick par exemple. Mais ce monceau de références peine à s'organiser en récit, et concernant le côté poétique, le vocabulaire scientifique n'aide guère. Cela fonctionne peu.

Par moments, pourtant, on sent un potentiel. Qui pourrait faire de Anton Hur un prochain auteur à suivre.

Peut-être.

S'il se met à préférer raconter des histoires qu'empiler les références et les questionnements. Je n'ai rien contre les questions philosphiques, mais ici, c'est maquillé par une manière de faire un peu spéciale, mais on se rend vite compte que tout cela ne va pas bien loin. Alors déjà qu'on a peu de temps pour s'identifier à chaque personnage, le récit étant une mosaïque : ajoutez qu'qu début de certains passages on doit affronter les questionnements des personnages sur le langage écrit, qu'ils n'utilisent plus. et on ajoute un zeste de question pseudo-philosophique.

Et le livre est court.

Une simple opération arithmétique nous apprend qu'on n'a plus de place pour l'essentiel.

N.B. : un recueil de nouvelles, façon Les chroniques martiennes, avait davantage de chance de fonctionner.

Créée

le 18 juin 2026

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