Qui se ressemble
-
Qui se ressemble

livre (2026)

Itinéraire sinueux d’une famille depuis Oran au coeur du vingtième siècle, le récit débute avec l’arrivée en France d’un jeune homme de dix-neuf ans, qui s’apprête à poursuivre ses études à Paris. Trente ans plus tard, une petite fille de sept ans, « consciente d’être sur le déclin » depuis que ses boucles ont laissé la place à une chevelure terne et plate, s’interroge sur ses origines, et sur sa place dans le conflit qui déchire le Proche-orient, quand la géographie ou la religion se mêlent pour brouiller les pistes de l’origine. 

Les figures familiales seront analysées à l’aune de cet exil fondateur. Avec un portrait acéré de la grand-mère, qui bien que femme, est chef de famille . 


Une personne autoritaire et brutale qui se débat comme elle peut avec l’impuissance que fabrique l’exil. Manières nouvelles, vêtements nouveaux, nourritures inconnues. Quand on quitte son pays, on se sent destitué, infantilisé. On perd d’un coup ce qu’on a mis une grande partie de sa vie à acquérir.


Ces années d’enfance, qui sont des années d’apprentissage, font feu de tout bois. Ainsi, passé le temps de la maternelle où la narratrice avait ressenti une appétence pour le savoir, le temps de l’école a été un terrain propice pour tenter de comprendre le fonctionnement de la société.


L'école n'a été pour moi qu'un laboratoire de relations humaines, un lieu protégé, où je tentais de comprendre ce que signifiait les liens, l'autorité, la concurrence, la jalousie, l'admiration, un Dieu neutre, dépourvu d'affect, préexistant, ignorant de la généalogie, exempt de toute culpabilité familiale.


Les mots, la langue, les outils de communication font l’objet de réflexions en lien avec l’appartenance. Ainsi :


Lorsqu'on cherche à restituer le sens d'un texte, la connaissance du vocabulaire ou de la syntaxe ne suffit pas. Quand on passe d'un idiome à l'autre, on en emporte avec soi plus que des mots.


On comprend la portée d’une telle affirmation quand on sait le talent de l’auteur en matière de traduction. 


En filigrane, un amour partagé pour la chanteuse Oum Kalsoum dont la voix a occupé les espaces de silence familial en créant  un ciment propice à la transmission. 


Récit intime, qui tente de composer avec les souvenirs et les bribes de l’histoire racontée, le puzzle d’une identité à construire . Avec comme toujours, l’art de manier la langue, qui fait mouche . 





Kittiwake_
7
Écrit par

Créée

le 7 janv. 2026

Critique lue 6 fois

Kittiwake_

Écrit par

Critique lue 6 fois

D'autres avis sur Qui se ressemble

Qui se ressemble

Qui se ressemble

9

matatoune

le 9 janv. 2026

Suivre

Critique de Qui se ressemble par matatoune

Agnès Desarthe propose Qui se ressemble, un roman sur le passé d’une famille juive née de l’exil, et des différentes immigrations du début du XXᵉ siècle. Elle montre comment les femmes sont garantes...

Qui se ressemble

Qui se ressemble

7

Kittiwake_

le 7 janv. 2026

Suivre

Critique de Qui se ressemble par Kittiwake_

Itinéraire sinueux d’une famille depuis Oran au coeur du vingtième siècle, le récit débute avec l’arrivée en France d’un jeune homme de dix-neuf ans, qui s’apprête à poursuivre ses études à Paris...

Du même critique

Cabane

Cabane

9

Kittiwake_

le 11 sept. 2024

Suivre

Critique de Cabane par Kittiwake_

Inspiré  d’un rapport réel qui, en 1972, alertait le monde scientifique du risque majeur d’effondrement pour le milieu du vingt et unième siècle, à partir d’une modélisation qui prenait en compte de...

Les Guerriers de l'hiver

Les Guerriers de l'hiver

9

Kittiwake_

le 20 août 2024

Suivre

Critique de Les Guerriers de l'hiver par Kittiwake_

Un de mes premiers coups de coeur de cette rentrée littéraire 2024 !Lorsque j’avais dévoré la trilogie Coste, je m’étais fait la réflexion que l’on sentait que l’auteur connaissait le sujet de...

Amiante

Amiante

8

Kittiwake_

le 14 oct. 2024

Suivre

Critique de Amiante par Kittiwake_

A Thetford, la vie s’écoule monotone autour de la mine. Steve vit un été de rêve, réfugié dans la cabane qu’il a construit avec Charlélie, dit le petit Poulin. Ses dernières journées de bonheur avant...