Agnès Desarthe propose Qui se ressemble, un roman sur le passé d’une famille juive née de l’exil, et des différentes immigrations du début du XXᵉ siècle. Elle montre comment les femmes sont garantes de la conservation de la culture et font la force d’une communauté, surtout en l’exil.
Dans cette famille, une jeune enfant est la narratrice. Elle raconte le double exil, celui de Libye vers l’Algérie puis vers la France et par ailleurs, un autre de l’Europe de l’Est vers la France qui montre une famille marquée par les immigrations diverses et plurielles. À sept ans, elle pense que sa grand-mère ressemble à Oum Kalsoum. Comme elle, elle porte des lunettes fumées, a un mouchoir à la main, son mindil, et puis, elle parle arabe et elle n’a pas l’air commode.
C’est le leitmotiv tout au long du roman, comme un refrain qui raconte l’ampleur de l’appel d’une terre et les liens qu’elle tisse entre les hommes. Malgré l’exil, ces mondes continuent d’exister avec leurs rites, religieux ou non, et leurs mots aux accents si différents.
Agnès Desarthe fait chanter à Oum Kalthoum Inta Omri « Tu es ma vie« . La chanteuse était considérée comme « l’astre de tout l’Orient ».
À sa manière, l’écrivaine montre que d’une même terre, la ressemblance existe, même si les langues sont différentes. Qui se ressemble doit de se rassembler, nous dit-elle en suspens.
Ce roman aux accents autobiographiques est une grande réussite, l’écrivaine sachant prendre par la main son lecteur et toujours le séduire par son écriture.
Chronique entière et illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2026/01/09/agnes-desarthe-qui-se-ressemble/