Avec Rat Island, Jo Nesbø quitte un temps ses polars scandinaves pour s’aventurer du côté de la dystopie. Ce recueil de cinq nouvelles « Rat Island », « La Déchiqueteuse », « Les Cigales », « L’Antidote » et « Le Cavalier noir » , mêle science-fiction, anticipation et drames humains. L’auteur y questionne l’avenir de notre monde et les dérives de la science, dans un ensemble audacieux, parfois inégal, mais toujours intriguant. La nouvelle qui donne son titre au recueil nous plonge dans un monde ravagé par une pandémie.
La société s’effondre, la violence explose, et chacun tente de survivre comme il peut. L'auteur décrit ce chaos avec une précision glaçante. Son écriture, directe et sans fioritures, crée un climat oppressant, mais la brutalité constante finit parfois par prendre le pas sur l’émotion. J’ai eu du mal à m’y immerger tant la noirceur paraît gratuite.
« La Déchiqueteuse » aborde la question de l’immortalité : un savant met au point un remède au vieillissement, déclenchant une réflexion vertigineuse sur le pouvoir et la responsabilité scientifique. L’idée est belle, mais le récit reste en surface, loin de la tension d’un grand roman d’anticipation.
Dans « Les Cigales », Nesbø change de registre : amour, jalousie et univers parallèles se mêlent dans un décor espagnol. Moins marquante, elle a pourtant su me toucher par sa douceur inattendue. « L’Antidote », sans doute la plus réussie, met en scène un drame familial au cœur d’une ferme d’élevage de serpents : un récit tendu, précis, qui rappelle le Nesbø des débuts.
Enfin, « Le Cavalier noir » oppose deux tueurs à gages dans un futur incertain, une idée séduisante mais peu crédible. Si Rat Island s’éloigne du polar pur, il révèle un auteur curieux, prêt à se réinventer. Un recueil inégal, mais audacieux, qui mérite qu’on s’y aventure.
https://latelierdelitote.canalblog.com/2025/10/rat-island.html