Il y a certains livres qui nous happent dés les premières pages, nous laissent pantois avec le sentiment que l'on est déjà en train de lire un chef d'œuvre. C'est le cas me concernant avec Rebecca.
Le premier chapitre est un modèle du genre (ici le mystère, le récit à suspense) avec la description du manoir de Manderley dans le rêve de la protagoniste principale. Un manoir lugubre, envoûtant, environné d'une forêt à la végétation foisonnante et rampante. Chaque adjectif, chaque qualificatif nimbe d'une aura mystérieuse la demeure de Maxim de Winter.
Et puis vient le récit des évènements. Qu s'est-il passé ici ? On va le découvrir petit à petit avec le récit de la nouvelle épouse qui voit poindre l'ombre de Rebecca, l'ancienne maîtresse des lieux, décédée il y a peu lors d'une sortie en mer. Tous les personnages qui en parle semblait soit la craindre soit la révérer mais son fantôme semble hanter encore les lieux tant elle demeure dans tous les esprits.
Daphné Du Maurier tisse une toile d'une délicatesse infinie, prend son temps pour faire monter en pression son lecteur en même temps que la tension écrase petit à petit la nouvelle épouse. Le roman appuie sur son atmosphère gothique, lorgne vers l'horreur pour mieux se rediriger vers le genre du suspense, du thriller domestique voir du policier.
L'écriture est magistrale, chaque personnage déborde d'ambiguïté et ne peut s'appréhender à la première rencontre, les descriptions sont somptueuses et je dois dire que je ne vois aucun défaut à ce titre qui mériterait bien plus d'aura que ce qu'il lui a été accordé.
Même la fin est tout en subtilité et conclut à merveille ce qu'il convient d'appeler (une fois la lecture terminée cette fois !) un chef d'œuvre !