Martin propose une histoire assez singulière sur les vampires, jugez plutôt.
1857, les vapeurs règnent en maîtres sur le Mississippi. Propulsés par leurs roues à aubes, ils convoient des passagers, du fret mais aussi du rêve. Celui en particulier d'un capitaine qui a accepté comme associé une homme pâle aux mœurs nocturnes. Cet improbable duo va arpenter le sinueux cours d'eau pour des raisons qui échappent à l'homme diurne.
De rêves en vengeance, l'auteur nous emmène sur les traces, parfois sanglantes, d'une espèce parallèle à l'humanité dont les origines divergent un peu des habituelles représentations. Les vampires sont un peuple à part dont les us sont plutôt bien décrits dans ce récit.
Comme leur regard, la narration s'avère hypnotique et l'on lâche souvent avec regrets le livre tandis que la fatigue vespérale nous terrasse et nous empêche d'aller plus avant dans la lecture. On pourra trouver la mise en route un peu poussive et rencontrer quelques longueurs au détour de méandres ensablés mais, de manière générale, le rêve de Fèvre avance à belle allure et conduit ses passagers à bon port. Après bien des tribulations, la conclusion s'avère tout à fait réussie et l'épilogue émouvant.
Un bien étrange voyage au cœur des bayous infestés de moustiques qui chassent le sang dans la chaleur moite des rives de l'interminable fleuve.