Comme demandait l'historien Marc Bloch : "Robespierristes, anti-robespierristes, nous vous crions grâce : par pitié, dites-nous simplement, quel fut Robespierre." Grâce à ce livre j'ai pu entrevoir une étincelle de vérité, j'ai pu effleurer légèrement la compréhension de Robespierre. Néanmoins, la tâche n'était pas simple pour plusieurs raisons : le côté mystérieux de Robespierre, ses prises de positions parfois confusantes et surtout la très perverse propagande Thermidorienne. Leur campagne mensongère n'aura cependant pas réussi à cacher la vérité absolue, Robespierre est le héro de la révolution.
Cependant, son profil reste à nuancer car je ne suis pas d'accord avec toutes ces idées ce que je vais exprimer dans la suite de ce propos.
D'abord, Robespierre est avant tout un défenseur du peuple : "Je suis du peuple, je n'ai jamais été que de là, je ne veux être que cela ; je méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus." Il a d'ailleurs défendu celui-ci quand il était avocat, mais parfois contre lui aussi parfois.
Il a toujours suivi le peuple même quand celui-ci commétait des attrocités notamment les massacres dans les prisons qui ont provoqué beaucoup de morts. Sur ces situations il dira : "Voulez-vous que le peuple soit calme ? Soyez juste envers le peuple." ou qu'il faut garder "quelques larmes pour des calamités plus touchantes". Cependant, ses prises de paroles sont limitées et prudentes, comme tout le long de sa vie.
Mais attention, quand il arrive au pouvoir il réprime avec la même énergie les contre révolutionnaires et les extrémistes !
Je dis qu'"il" réprime par provocation. Dans le sens où contrairement à ce qu'on peut penser Robespierre n'est point un dictateur. Il ne prend pas les décisions tout seul, loin de là. Il n'est pas non plus un tyranique sanguinaire. Quand une partie des Girondins sont arrêtés il va prendre leur défense pour leur permettre d'éviter le tribunal.
Comme je l'ai dit, Robespierre se bat aussi contre les extrémistes notamment contre les Enragés en condamnent Roux.
Contre les sans culottes, Robespierre est peu plus prudent car ils demeurent très puissants. Il adoptera quelques-unes de leurs mesures, pas totalement et pas tout le temps, simplement pour maintenir une satisfaction minimale.
Robespierre est donc un révolutionnaire idéaliste qui se bat pour le peuple. Mais suis-je d'accord avec son idéal ? Pas vraiment.
Par exemple, il n'est pas particulièrement féministe quand il qualifie les femmes révolutionnaires de simple "mères de famille". Aussi, il ne rend pas obligatoire le système éducatif proposé par le Comité ce qui est selon moi une erreur. de plus, il se prononce contre la fixation du prix maximum des grains (qu'il adoptera cependant plus tard à la demande des sans-culottes).
Ensuite, le gouverment révolutionnaire est décrété et les comités sont créés. Robespierre adopte une politique théiste (mais non traditionnelle) notamment en dénonçant la déchristanisation et les athées en disant qu'ils "veulent faire une sorte de religion de l'athéisme lui-même".
Robespierre dénonce les répressions trop violentes comme celles de Carrier à Nantes qui fit noyer et tuer un grand nombre de contre-révolutionnaires.
Mais quelle est le climat politique de la révolution ? Robespierre dicte ce qu'il faut penser ? Fait-il la révolution tout seul ? Assurément que non. En réalité, la vie politique repose sur des factions et comités qui se battent pour avoir le plus de pouvoir. Robespierre, Jacobins convaincu fera tout, avec ses semblables, pour que sa faction soit la plus puissante. C'est dans ce climat que des arrestations de membres d'autres factions sont réalisées, pas par dictature mais par volonté de stabilisation et d'unification dans un climat politique instable.
La preuve qu'il n'est pas dictateur est l'éxécution de Madame Elisabeth, protégée de Robespierre qui est un signal par les membres des Comités pour lui rappeler qu'il n'est pas le seul à diriger.
Cependant, l'augmentation du nombre d'arrestations et d'éxécution par Robespierre ET ses collègues crée un climat de crainte et de paranoïa qui font craindre aux membres de l'assemblée d'être les suivants.
Cela va conduire, in fine, à son arrestation et celles de ses proches. Il subira d'ailleurs pendant ce coup d'état une grande blessure à la mâchoire dûe à un tir. le jour de Thermidor, Robespierre subit une mort ignoble. Il agonise pendant 17 heures puis est guillotiné. Ses fidèles compagnons aussi.
Ensuite, les Thermidoriens, si pur et si noble feront des vagues d'éxécution et d'emprisonnement, avec la même intensité que Robespierre qu'ils dénoncent pourtant.
Ils construirons toute une propagande sur Robespierre pour le faire passer pour un tyran dictateur buveur de sang.
Ils ont construits cette image pour se faire exempter leurs crimes terribles, faisant diversion en accusant Robespierre de tous les maux.
Mais la vérité est tenace. Robespierre est l'homme de la révolution, celui qui a participé à sa création mais surtout à sa continuité. Avant sa mort il opérait des opérations de stabilisation afin de créer une république fonctionnelle. Qui sait ce qu'il aurait pu accomplir si les Thermidoriens ne l'en avaient pas empêchés ? Personne ne le saurait, et Robespierre restera aux yeux de tous un idéaliste mystérieux qui avait de grandes idées pour la République.
Liberté, Egalité, Fraternité ou la mort.