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Procès d'intentions
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le 28 mai 2023
A peine sortie de l'ère soviétique et fraîchement indépendante, l'Arménie a connu presque aussitôt une première guerre du Haut-Karabakh, contre l'Azerbaïdjan. La paix n'a jamais véritablement régné entre ces deux pays, toujours autour du territoire convoité, et un deuxième conflit a eu lieu en 2020, conclu par la victoire du gouvernement de Bakou, appuyé par les Turcs. Mais la tension reste permanente et l'apaisement ne semble pas proche. De ces guerres sans fin, Hovik Afyan fait son sujet dans Rouge, non sur le plan politique, mais sur ses aspects humains et ses dommages, directs et collatéraux, dans la population arménienne. Les chapitres de ce court roman alternent entre les deux époques et des personnages se croisent, parfois sans se connaître. Des hommes, des femmes, des enfants, tous sont victimes, tous sont brisés dans leurs élans et leurs espoirs. Il y a pourtant l'art, la danse et la peinture, pour deux des personnages principaux, mais ils ne sont pas suffisamment forts pour empêcher les destructions, physiques et mentales. Et l'amour ? Il est présent ou l'a été mais suffit-il pour servir de gilet pare-balles ? Pour dire l'horreur, la déréliction, la mort, la faim et quelques rares éclaircies passagères, l'auteur use d'une langue poétique sans afféteries. Cette voix d'une littérature arménienne que l'on connaît si peu, fait à la fois du mal et du bien car elle témoigne et, malgré tout, ne veut pas se résigner pas à la désolation.
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Créée
le 30 déc. 2024
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