Etienne le Reun, je le pense, est très talentueux et très éclairé malgré le thème de ce livre qui a, je pense, dû être le résultat pour lui comme pour beaucoup d’entre nous d’errance dans la vie. Je me suis retrouvée admirative quand j’ai découvert son jeune âge, du haut de mes 32 ans, et aurais bien aimé arriver à cet état plus tôt dans ma vie, avant beaucoup de perdition et d’erreurs. De fait, cette clairvoyance sur le monde, les gens, la société, les réseaux, la politique m'a amenée à me procurer ce livre. Je suis Etienne sur le podcast Le Dolmen depuis un bon moment maintenant, me retrouvant entièrement dans ses façons de penser, et cela me réconforte lorsque je me sens perdue. Je pense que son travail a beaucoup à offrir et j’espère qu'il produira de nouveaux écrits. En ce moment, ce livre est mon réconfort et m'accompagne dans mon quotidien et dans mes réflexions. Je vous le conseille ardemment. Je ne dis pas que vous allez d'un coup retrouver un sens à votre vie, mais je pense que lire ce livre peut être les prémices d'un éveil.
Pour ce qui est du livre, j'ai beaucoup apprécié l'intro qui nous permet de nous familiariser avec l’enfance de l’auteur. Ayant eu la même enfance, cela fait du bien de sentir que l’on n'est pas si à part. Et c'est en voyant d'où l’on part qu'il est triste de constater où l'on a atterri dans ce monde, et à quel point l’on s’est perdu au travers du conformisme, de la superficialité, de la culture du vide, de la culture du faux et de l’hypocrisie, du besoin de plaire, de l’influence et du jugement des autres. La politique quel que soit le bord, et les médias nous ont éloignés de notre moi profond, de nos racines, de nos valeurs. Écrasé et enseveli sont les mots justes. Comment ne pas se sentir vide et mal dans le monde dans lequel nous vivons ? J’aime beaucoup cette phrase que j'ai entendue quelque part et qui m'est restée en tête : "Inquiète-toi de te sentir heureux dans cette société, dis-toi qu'il est plutôt mauvais signe de l'être que l'inverse." Le monde numérique et la société en général, même si là je m'éloigne un peu du livre, ont mené à cette vie grise, sans goût et plus perdue que jamais, en nous faisant perdre toute notre singularité, nos opinions, nos choix, perdre de vue les vraies batailles. Comme il le dit si bien, les plus forts arriveront à voguer dans ces eaux-là, mais les esprits sensibles, c'est à nos risques et périls.
Pour conclure, ce livre parvient à mettre des mots sur des maux. C'est un réel baume empreint de poésie et je dirais une boussole pour nos esprits quelque peu abîmés aspirant à retrouver les doux parfums de la légèreté du monde d’avant.
Quelques passages qui m'ont percutée :
“La quête de sens que nous passons nos vies à mener est une préoccupation aussi ancienne que le germe de la conscience de soi.”
“Or, aucune époque n'a autant trituré et faussé nos boussoles internes.”
“Le risque, c'est de ne plus se voir, de ne plus s'entendre, de ne plus se savoir, puis finalement de perdre jusqu'au sentiment d'exister.”
“Pour cela, il faudra passer par le grisâtre de l'Empire, il faudra regarder l'époque en face, s’y plonger, la comprendre ; il faudra des armes et des idées pour espérer s'en extraire légèrement.”