Attention pépite ! Jean-Baptiste Fressoz déconstruit dans ce livre le mythe de la « transition énergétique », savamment entretenu par ceux qui se battent pour que rien ne change. Paradoxal, non ? L’histoire montre que l’évolution de la production et de la consommation d’énergie dans le monde depuis le XIXème siècle repose moins sur la substitution d’une source d’énergie par une autre que sur l’addition de ces sources d’énergie. Quelle en est la cause ? Le développement de l’industrie capitaliste à l’échelle planétaire se fonde sur une symbiose entre toutes les matières et sources d’énergie, anciennes comme nouvelles. A titre, d’exemple, la production de bois permet le développement du charbon et du pétrole, et inversement, charbon et pétrole ont assez largement accompagné l’expansion de la production et de l’usage du bois jusqu’à aujourd’hui, où n’avons jamais autant exploité les forêts pour répondre à une demande sans cesse croissante. De là découle cette « expansion symbiotique » de toutes les sources d’énergies et de matières auquel il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de mettre un coup d’arrêt. Car ce n’est pas d’une illusoire « transition énergétique » dont nous avons besoin, un mot fourre-tout qui sert essentiellement retarder les actions politiques visant à préserver les écosystèmes dont nous dépendons. Ce dont nous avons besoin est en réalité une réduction drastique et urgente de l’intensité énergétique de nos activités et de l’extraction de matières.
Si l’ouvrage peut déconcerter celles et ceux qui ne sont pas friand de données techniques, chiffres et ordres de grandeurs à foison, il n’en reste pas moins un outil essentiel pour nourrir la bataille contre les enfumeurs de l’inaction climatique.