Satires
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Satires

livre de Juvénal ()

Comment dire la rage qui me tisonne le foie à vif ? L’indignation dicte mes vers.

Les Satires de Juvénal

Comment dire la rage qui me tisonne le foie à vif ? L’indignation dicte mes vers.

Qui pourrait être assez blindé, blasé sur Rome et l’injustice pour retenir un haut- le-cœur ?

Quand donc a-t-on jamais pu voir jaillir une plus riche sanie de vices ?

Chaque vice a touché son fond.

(Satire I)

Juvénal (Decimus Junius Juvenalis) est né vers 45 à Aquinum (aujourd’hui Aquino en Campanie, localité qui a aussi donné le jour au grand théologien du Moyen-âge saint Thomas d’Aquin). Il est le contemporain de Stace et l’ami de Martial (né vers 40), auteur des Epigrammes. La date de sa mort est située entre 127 et 129 sous le règne d’Hadrien. Juvénal est le roi des satiristes de l’antiquité romaine, aujourd’hui on parlerait d’un humoriste. Il nous a légué une œuvre exceptionnelle de 16 satires dont la dernière est malheureusement incomplète. Le tempérament de Juvénal est celui d’un conservateur-traditionnaliste réactionnaire pour lequel c’était forcément mieux avant… En résumé dans la Rome de son temps tout fout le camp et tout n’est que décadence morale. Etant bien conscient de l’anachronisme je dirais que Juvénal est le roi du « politiquement incorrect ». Aucun humoriste contemporain n’aurait la liberté de dire ce qu’il disait sans s’attirer les foudres de la censure… Pas même Charlie Hebdo ! Il coche en effet toutes les cases réprouvées par la bien-pensance actuelle : xénophobe (il éprouve une aversion viscérale en particulier à l’égard des orientaux qui envahissent Rome et déclassent les Romains « de souche »), antisémite (Satires VI et XIV), misogyne (Satire VI), homophobe etc. Un satiriste est inévitablement un caricaturiste qui force les traits de caractère de ses cibles et grossit les vices qu’il dénonce. Juvénal le fait avec un talent consommé, utilisant un verbe truculent, qui encore aujourd’hui est capable de nous faire éclater de rire. La traduction d’Olivier Sers est excellente pour restituer toute la force des satires dans un français savoureux, parfois argotique et vulgaire, mais cette « vulgarité » est nécessaire pour rendre de la manière la plus incisive possible la verve du satiriste et la crudité de son écriture. Juvénal est capable de passer de propos obscènes, souvent proches de ceux de Martial dans les Epigrammes (le sexe est une thématique importante des Satires) à de hautes considérations philosophiques et théologiques (notons de très beaux passages sur les dieux et la prière). Sa sympathie va aux écoles cynique et stoïque. Moralisateur et partisan de la vertu des stoïciens, il est le « grand imprécateur de la plus gigantesque cité-lupanar du monde antique » (Edition des Belles Lettres, Classiques en poche n°61, 4ème de couverture). Il est le « ciseleur méticuleux de sentences qui tuent ». Parmi ces sentences certaines sont devenues des classiques : « Panem et circenses » (du pain et des jeux), « Mens sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain), ces deux sentences se trouvant dans la Satire X. On doit aussi à Juvénal l’unique mention du fameux « verso pollice » (le pouce renversé dans la Satire III) repris par tous les péplums pour illustrer l’ambiance des combats de gladiateurs dans l’arène. Ce qui le met le plus hors de lui-même outre la débauche sexuelle et le libertinage, c’est l’amour sans limites du fric et des courses de chars dans le grand cirque. Les riches, les avares et les cupides sont sa cible de prédilection. Quelques citations :

Rien n’est plus saint chez nous que sa Majesté la richesse, même si le sinistre fric n’habite pas encore un temple, n’ayant pas élevé au Pognon les autels dont nous honorons la Paix et la Bonne Foi, la Victoire, la Vertu, et la Concorde, où claquent du bec les oiseaux saluant leurs nids. Satire I.

Comment supporter cette pingrerie crasse de milliardaire ? De quel calibre est le gosier qui ingurgite des sangliers entiers, animaux formés par la nature en vue d’agapes collectives ? Satire I.

Première question, son fric, ses mœurs on s’en fiche… Autant contient le coffre, autant vaut la parole. Satire III.

L’immonde argent a introduit chez nous les mœurs étrangères, et l’émasculante richesse, avec ses dévergondages répugnants, a mis à bas l’œuvre des siècles. Satire VI.

Il n’est temple dont les échos ne retentissent du même vœu : du fric avant toute chose ! Du fric, du fric qui fasse des petits ! Assez de fric pour avoir de quoi remplir le plus énorme coffre-fort de tout le Forum ! Satire X

Les gens n’entassent pas les richesses pour vivre : aveuglés de vice, ils vivent pour s’enrichir. Satire XII

Il se mène plus grand deuil et plus grand tapage dans les familles pour pleurer du fric que pour pleurer un mort. Satire XIII

Mais à quoi bon des richesses amassées au prix de telles tortures ? C’est un délire avéré, une folie manifeste de mener la vie d’un crève-la-faim pour mourir les poches pleines ! Tu as beau gonfler et charger jusqu’à la gueule ton porte-monnaie, plus ton tas d’or grossit plus s’enfle ton désir de fric. Satire XIV

Voilà le mobile ordinaire des crimes. Aucune des tares de l’âme humaine n’a fait mêler plus de poisons, porter plus de coups de poignard que cette rage, cette boulimie de richesse. On veut faire fortune, et il faut que ce soit tout de suite : mais quel respect des lois, quels scrupules, quelle vergogne vit-on jamais retenir un avare pressé ?... Où tu prends ton argent, on ne veut pas savoir ! Mais il faut en avoir ! Satire XIV

Quand tu expliques à un jeune homme que celui qui donne à un ami, qui soulage et aide un parent pauvre, est un imbécile, tu lui enseignes par là même à piller et escroquer, et que tous les crimes sont bons pour gagner ce fric dont tu portes en toi un amour aussi ardent que le fut l’amour de la patrie dans le cœur des Décii. Satire XIV


Rome, sans vouloir désobliger l’innombrable plèbe dont elle déborde, tient aujourd’hui tout entière à l’intérieur du Cirque, et, au fracas qui me rompt les tympans, je conclus à la victoire du Chiffon Vert : s’il avait perdu, on verrait la ville aussi stupide et abattue qu’au jour où les consuls furent défaits dans la poussière de Cannes. Satire XI

Ce grand pessimiste révolté par l’injustice et la décadence des mœurs demeure actuel sur bien des points de son acerbe critique de la société romaine de son temps car, pour citer l’Ecclésiaste, « il n’y a rien de nouveau sous le soleil » … La Satire XVI en donne un exemple parmi beaucoup d’autres en mentionnant l’impunité dont bénéficient « les forces de l’ordre » avec leurs tribunaux spéciaux… et les yeux éborgnés de leurs victimes sans défense… Cf. le thème très actuel des « violences policières ».

« Qui saurait dénombrer les avantages du métier pour un militaire heureux, Gallius ? Voyons premièrement les privilèges communs à tous les engagés, et d’abord celui-ci qui n’est pas le moindre : aucun civil n’ose te casser la figure. Mieux encore, si c’est toi qui en corriges un, il se tait. Il ne risque pas d’aller montrer au préteur sa mâchoire démantibulée, ni le coquard noir et les gnons diversement teintés dont tu lui as agrémenté la face, et l’œil unique que tu lui as laissé sans garantie du médecin. L’antique loi des armées, traditionnellement observée depuis Camille (446-365 av.JC), désigne pour juge, s’il veut faire châtier la chose, deux énormes mollets perchés sur une gigantesque estrade et chaussés d’une paire de godillots bardaïques. Un soldat ne plaide pas hors du camp et loin des enseignes. Les centurions sont donc compétents pour instruire son procès très équitablement, et la réparation m’est garantie si la plainte est fondée. En attendant toute la cohorte est contre toi et toutes les compagnies se liguent et font pression pour que la punition soit inoffensive et plus injurieuse encore que le tort causé. Il faut être un péroreur à tête de mule comme Vagellius pour se frotter, quand on a que ses deux jambes, à tant de godillots et de chaussures à clous. Et puis qui acceptera d’aller si loin de Rome, qui sera assez ton Pylade pour franchir l’escarpe et le talus ? Plutôt que de solliciter des amis qui se défileront, mieux vaut sécher tout de suite ses larmes. Quand le juge dira « appelez vos témoins », si le quidam qui a vu la bagarre a le courage de dire « j’ai vu », je le proclame digne des grands ancêtres barbus et chevelus. On a plus vite fait de produire un faux témoin contre un pékin qu’un vrai contre l’honneur et les intérêts d’un troufion. » Traduction : Olivier Sers.

Juvénal parle déjà en son temps de la « surpêche » en mer Méditerranée (Satire V) et de peuples fanatisés qui s’entretuent au nom de la religion (Satire XV) … Il entrevoit même avec horreur la possibilité du mariage entre personnes de même sexe… Un ami qui se marie avec son fiancé, mais dans l’intimité. Qu’il nous soit donné de vivre un peu, elles se feront, ces choses, elles se feront au grand jour, on les publiera à l’état civil (Satire II). L’indignation et la caricature n’excluent pas chez lui la réflexion philosophique, et cela parfois au milieu d’obscénités à faire rougir un acteur (une actrice) porno ! Qu’on en juge par soi-même :

C’est que la jeunesse en fleur passe vite et précipite sa course, infime portion de notre vie étroite et misérable. Pendant qu’on boit, qu’on réclame des guirlandes, des parfums et des filles, la vieillesse arrive en douce sans qu’on y pense… Satire IX.

A propos d’Alexandre le grand : Le voilà qui tient à l’aise au fond d’un sarcophage. Seule la mort ramène l’homme à son format d’impalpable ciron. Satire X.

Il faut savoir s’économiser pour bien jouir. Satire XI.

La vengeance ne procure de jouissance qu’aux esprits étroits, débiles, mesquins, et la meilleure preuve en est que les femelles raffolent de vengeances plus que personne. Satire XIII.

On doit à son enfant un respect absolu. Satire XIV.

Alexandre, voyant Diogène logé dans sa barrique, pressentit combien plus heureux est celui qui ne désire rien que celui qui, réclamant pour soi l’univers entier, se prépare à affronter des périls aussi démesurés que ses entreprises. Satire XIV

Dans la satire XV Juvénal développe un parallèle entre l’homme et les animaux. Même si la nature a doué le genre humain d’une sensibilité supérieure… Cependant les serpents vivent aujourd’hui en meilleure harmonie que nous. Les fauves à robe mouchetée s’épargnent entre congénères. Le fort ôte-t-il la vie au faible chez les lions ?... Pour l’homme ce n’était pas assez que d’avoir inventé de battre sur une enclume maudite un fer de mort, quand les premiers forgerons, trop occupés à fondre des râteaux et des sarcloirs, s’épuisant à fabriquer des socs et des grattoirs, ignorèrent tout du façonnage des glaives. Nous voyons des nations dont la colère n’est pas rassasiée par un assassinat, et qui trouvent normal de se faire un dîner avec la tête de leur ennemi, ses bras, sa poitrine. Digne héritier d’Isaïe dans sa prophétie du chapitre 2 Juvénal annonce aussi les réflexions d’un Porphyre et plus proche de nous du baron d’Holbach.

Pour conclure je donne un bref aperçu du contenu de chacune des satires (avec entre parenthèse la date probable de sa composition).

Satire I (93) : Pourquoi écrire des satires ou la vocation du satiriste. L’indignation dicte les vers. La première Satire annonce les thèmes principaux qui seront traités dans les Satires II à XVI.

Satire II (85) : Contre l’hypocrisie des puritains. Ils ont le culot de parler morale, ces caricatures de Curius qui passent leur vie en partouzes…Impossible de se fier aux physiques, tant chaque rue grouille de ces cafards obscènes. Vous vitupérez la débauche, vous, la latrine la plus notoire de la tantouzerie socratique ?

Satire III (89) : L’enfer de la vie à Rome : ville cosmopolite envahie par les étrangers venus d’Orient, le Romain n’est plus chez lui. Une Rome invivable en raison des incendies, des écroulements d’immeubles, du bruit empêchant de dormir, des attaques nocturnes, et de la cherté de la vie. Fuyons Rome ! Il y a belle lurette que l’Oronte s’est épandu de la Syrie jusqu’au Tibre, charriant avec lui langue, mœurs, gratteurs de harpe et joueurs de flûte, sans oublier les tambourins folkloriques et les filles envoyées tapiner le long du cirque. Allez-y donc, les amateurs de louvettes orientales à mitres peinturlurées !

Satire IV (97) : Le turbot adriatique d’une grosseur merveilleuse offert en 81 à l’empereur Domitien qui convoque à cette occasion les sénateurs ! Cf. la satire XI sur le luxe de la table.

Satire V (89) : Les parasites ; les relations de clients à patrons. Cette satire traite d’une réalité importante dans la Rome antique, le clientélisme. « La relation de clientèle désigne une relation de services mutuels entre deux personnes de statut social différent, l'un puissant, le patron, généralement aristocrate, et une personne de rang moindre, généralement un homme libre, appelé le client. Très tôt codifié, le clientélisme domine toute la vie sociale de la Rome antique » (Wikipédia). Juvénal dénonce l’avarice des riches patrons à l’égard de leurs « clients » lorsqu’ils les invitent à leur table et l’humiliation endurée par les citoyens romains de la plèbe afin de pouvoir survivre en recevant chaque jour la sportule (« un panier-repas »). Qui peut tout supporter doit tout subir.

Satire VI (115) : Contre les femmes. Cette satire est l’une des plus célèbres et des plus longues du recueil. La misogynie de Juvénal atteint un sommet inégalé dans la littérature antique. Pas une seule femme ne trouve grâce à ses yeux et le sexe féminin est entièrement présenté sous un jour négatif, comme un fléau pour les hommes et surtout pour les maris. La femme est un concentré de tous les défauts et des vices du genre humain… Voici un extrait dans lequel Juvénal décrit les activités nocturnes de Messaline, « la pute impériale », femme de Claude et nymphomane :

Voilà ce qu’a fait Eppia dans la famille d’un simple particulier. Ça te choque ? Va voir du côté des rivaux des dieux, écoute ce qu’a subi Claude : dès qu’elle sentait son mari endormi, préférant sans vergogne une couchette à son lit d’apparat, la Pute Impériale s’encapuchonnait et s’évanouissait dans la nuit, sans autre compagnie qu’une servante. Camouflant ses cheveux noirs sous une perruque blonde, elle gagnait un bordel moite aux rideaux rapiécés où un box lui était affecté, elle s’y exhibait nue, les seins pris dans une résille d’or, sous son pseudonyme affiché, Lysisca (petite louve en grec), et proposait la matrice qui t’a porté, noble Britannicus ! Elle faisait goûter ses caresses à qui entrait, se faisait payer sa passe, renversée, ouverte, une foule la besognait et y déchargeait, et quand le bordelier libérait enfin ses filles, elle s’en allait tristement, n’ayant pu qu’être la dernière à fermer boutique, brûlante encore de la tension de sa vulve raide, elle rentrait, fatiguée du mâle mais toujours pas repue, les paupières ignoblement battues, crasseuse de la suie du lumignon, rapporter dans l’alcôve auguste le remugle du bordel ! Satire VI, 114-132.

Satire VII (81) : La misère des écrivains et des professeurs. Dans cette satire Juvénal décrit la galère des hommes de lettre pour pouvoir survivre à Rome. Leur talent est bien mal récompensé. Morale de la satire : pour bien gagner sa vie mieux vaut être un conducteur de char adulé dans les jeux du cirque qu’un écrivain de talent. Décadence : il n’en était pas ainsi à l’époque d’Auguste et de Mécène. Martial fait le même constat : « Donnez-nous des Mécènes, vous aurez des Virgiles ! » (Sint Maecenates : non derunt, Flacce, Marones). Epigrammes VIII, 55.

Satire VIII (115-116) : Les nobles et les patriciens. Juvénal critique vivement les aristocrates qui se croient supérieurs aux autres uniquement en raison de leur naissance dans une famille noble et de leur arbre généalogique. Pour lui seuls comptent mérite et vertu. On peut bien surcharger d’antiques figures de cire tous les coins de son atrium, la seule aristocratie, l’unique, c’est la vertu. Range tes mœurs avant tes portraits de famille… Les preuves que tu as d’abord à faire, ce sont celles de tes mérites. Si tes paroles et tes actes t’ont fait un parangon de rigueur et d’intégrité, je te répute noble quel que soit ton sang.

Satire IX (89) : Les protecteurs et les protégés. Cette satire est particulièrement obscène et décrit les services sexuels (une forme de prostitution) rendus à des maîtres puissants et riches mais avares. Ne t’en fais pas, tant que les sept collines seront debout et solides, tu trouveras toujours un protecteur à enculer…Moi, ma Clotho et ma Lachésis sont déjà contentes si ma queue remplit mon ventre.

Satire X : Que doit-on demander dans les prières et les vœux adressés aux dieux ? Un esprit sain dans un corps sain (mens sana in corpore sano). Perse traite du même thème dans sa deuxième satire.

Satire XI : Le luxe de la table. Juvénal regrette la sobriété des repas qui était celle des temps anciens. Cette satire fait penser aux lois somptuaires de la République romaine :

« Dans la Rome antique, les sumptuariae leges (telle la Lex Oppia de 215 av. JC) limitent les dépenses excessives (sumptus) dans les banquets et les costumes, en particulier en ce qui concerne l'usage de la pourpre de Tyr. On considère alors qu'il revient au gouvernement de mettre un terme aux excès des dépenses privées et ce, dès la loi des Douze Tables de la République romaine. Un censeur romain est chargé du contrôle de l'application de ces lois morales (cura morum) et publie une liste (nota censoria) des personnes coupables d'infraction aux limites imposées par la loi en termes de dépenses et d'ostentation. Vers la fin de la République romaine, ces lois tombent graduellement en désuétude » (Wikipédia).

Satire XII (après 117) : Le retour d’un ami.

Satire XIII (127) : Le dépôt. Sur ceux qui ne rendent pas un dépôt confié sous la foi du serment. Il faut être philosophe et accepter d’être la victime de personnes malhonnêtes. Les honnêtes gens sont rares, à peine autant, en comptant bien, que les portes de Thèbes (7 !) ou les bras du delta du Nil-fertilisant… En regard de crimes plus sérieux ton malheur est modeste et ne mérite guère d’échauffer ta bile. Juvénal condamne l’esprit de vengeance envers ceux qui nous ont fait des torts. La punition des malhonnêtes réside dans les tourments que leur conscience leur inflige ainsi que dans la vengeance des dieux qui est lente mais terrible.

Satire XIV (entre 117 et 123) : De la valeur irremplaçable de l’exemple donné par les parents dans l’éducation des enfants. Dénonciation de la cupidité source de tous les maux. Le principe et la cause première de la dépravation de ton enfant, c’est toi. Prêcher à ses enfants l’amour des grosses fortunes, leur inoculer l’avarice à force de conseils malencontreux, autoriser toutes les canailleries pour doubler un héritage, c’est lâcher complètement bride à un char de course qui n’obéit plus à la voix, ne peut plus s’arrêter, s’emballe et sort de la piste sans souci du cocher… Quand tu expliques à un jeune homme que celui qui donne à un ami, qui soulage et aide un parent pauvre, est un imbécile, tu lui enseignes par là même à piller et escroquer, et que tous les crimes sont bons pour gagner ce fric dont tu portes en toi un amour aussi ardent que le fut l’amour de la patrie dans le cœur des Décii.

Satire XV (128) : Contre la superstition, en particulier des Egyptiens, et ses conséquences néfastes. Exemple de la haine réciproque entre les habitants d’Ombos et Tentyra parce que chacune de ces localités, persuadée que seuls ses propres dieux doivent être tenus pour authentiques, abomine ceux qu’adore le voisin. Comparaison entre les hommes et les animaux. Ces derniers sont plus pacifiques que les humains.

Satire XVI (incomplète) : Des avantages et privilèges du métier de militaire. Cf. la citation plus haut dans le texte.


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le 19 déc. 2025

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