La version d’Héguin de Guerle semble corrompue par ses opinions religieuses et morales ; il est souvent difficile de savoir si les circonlocutions de certains passages "sulfureux" sont le fidèle reflet d’un effet voulu par Pétrone ou s’il s’agit plutôt d’une pudibonderie du traducteur qui préfère trahir l’original qu’en retranscrire la crudité. On mesure là combien les latinistes et hellénistes les plus érudits ont eu longtemps loisir de défigurer des classiques et combien l’image des sociétés antiques a pu être déformée, en tronquant, en falsifiant, sous couvert de raffinement littéraire. Le déni des relations homosexuelles a de même prévalu dans le monde de l’archéologie et chez beaucoup d’historiens jusqu'à très récemment. Dans ce contexte, une nouvelle traduction du Satyricon, littérale et sans jugement, serait bienvenue.