Un livre dont j’avais vu beaucoup de retours et qui me faisait bien envie. Si les attentes n’ont pas forcément été toutes atteintes, il n’en reste pas moins un bon bouquin de SF. Une intrigue prophétique (compte tenue des dernières années) à la structure plus qu’intéressante. Si je n’ai pas trop accroché à la première partie avec le personnage de César, le reste s’est laissé dévoré comme du petit pain, notamment l’intermède Par-delà les montagnes, qui se révèle être le cœur du récit, aussi bien structurellement que narrativement.
En effet, si l’introduction à l’univers dans la première partie avec César nous plonge dans le bain dès les premières pages, créant un contexte et une atmosphère que trop réaliste et encore vivace dans notre esprit ; j’ai trouvé que le rythme ne suivait pas forcément. L’intrigue peine à démarrer, les personnages à se caractériser. Le style aussi m’a un peu rebuté, dans le sens où il m’a parut déconnecté de l’histoire elle-même, comme s’il manquait un liant. On a du mal à rentrer dans l’intrigue, à se laisser porter.
Et ce liant, il arrive donc avec ce journal, ce récit, trouvé par César, et qui nous plonge dans une toute nouvelle aventure pleine de rebondissements, de secrets, de trahisons, d’alliances, et bien sûr de révélation. Des détails qui nous avaient été présentés prennent une tout autre dimension désormais, des légendes se délitent pour nous dévoiler la vérité qui se cache derrière. D’ailleurs, une fois le récit terminé et qu’on retourne à César, là-aussi, l’intrigue et le style ont comme une nouvelle dynamique qui fonctionne beaucoup mieux, qui nous emporte jusqu’à sa conclusion ouverte.
L’œuvre elle-même porte des messages assez forts, dès le début. On a bien sûr la thématique climatique/écologique, où l’humanité a dû faire face à un premier cataclysme qui a créé des tensions bipartites pas si anachroniques que ça. Et puis bien sûr, un nouveau cataclysme, qui nous paraît encore plus d’actualité maintenant (d’où le caractère quasi-prophétique de l’œuvre). On y retrouve aussi des convictions qui s’affrontent, chaque parti défendant les siennes, mais aussi des peurs qui s’expriment : le racisme, les réfugiés, la guerre sont là encore des thèmes bien présents avec lesquels Adrian Mangold joue à merveille.
Bref, peut-être une petite pointe de déception avec cette Seconde Humanité, principalement à cause d’une première partie qui peine un peu à démarrer. Toutefois, on finit par se laisser transporter par cette mise en abyme et le dernier acte d’une œuvre riche et prémonitoire sur notre société.